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Emploi

Tu seras industriel-le, mon fils, ma fille !

Edito

Les Etats Généraux de l'Industrie devraient soulever débats, polémiques et idées novatrices. Le silence qui entoure cette grande concertation nationale en dit long sur l'état de décrépitude de l'industrie nationale. A ce compte là, l'emploi industriel dont on veut redorer l'image a-t-il vraiment un avenir ?



Tu seras industriel-le, mon fils, ma fille !
L'Homme du 21ème siècle sera-t-il encore industriel ? Du moins en France ? Si la question est latente depuis une bonne vingtaine d'années, la tenue actuelle des Etats Généraux de l'industrie rend l'interrogation d'une actualité brûlante.

Le constat du premier rapport d'étape est clair : la France se dépeuple de ses industries et des emplois liés. Perte de compétitivité, délocalisations, augmentation de la productivité, automatisation croissante des chaînes de production ... la filière industrielle toute entière se meurt par pans entiers.

D'ailleurs le silence tonitruant qui règne autour de ces Etats Généraux est saisissant : au-delà des groupes de travail nationaux et régionaux, rassemblant les seuls acteurs et observateurs autorisés et avisés, chacun d'entre nous a la possibilité d'intervenir sur le forum du site dédié.

Or, depuis le lancement de l'opération de concertation nationale en octobre dernier, moins d'une centaine de contributions ont été postées. Pire encore : le thème de l'emploi n'a retenu l'attention que d'une dizaine de contributeurs ... Précisons qu'après vérification, la modération du site n'effectue aucune censure.

En déduire que les Français se désintéresseraient de leur industrie serait une conclusion hâtive. Mais n'y a aurait-il pas là une sorte de fatalisme ? "De toutes façons, quoiqu'on fasse, c'est la Chine et l'Europe de l'Est qui deviennent les usines du monde", semble signifier ce lourd silence.

Question d'image !

Le diagnostic du rapport d'étape des Etats généraux de l'industrie est donc sans appel : l'emploi industriel chute un peu plus chaque année - beaucoup plus depuis le début de la crise. Mouvement inexorable ou pas, les "sages" industriels proposent des remèdes de choc non pas pour stopper cette hémorragie d'emplois - le mot "licenciement" ne figure même pas dans le rapport ! - mais pour inciter nos jeunes à s'orienter vers ces belles carrières : "L’emploi industriel est en perte d’attractivité en France, notamment auprès des jeunes et des cadres.", dit le rapport. Quitte à les amener, à terme, vers une impasse prévisible, en tous cas dans les secteurs sinistrés comme l'automobile.

Car le rapport s'attarde davantage sur les difficultés de recrutement dans l'industrie que sur les drames économiques et humains provoqués par la désindustrialisation massive des territoires. Premier remède de choc donc : améliorer l'image de marque de l'industrie ! De la com : en voilà une bonne idée !

Ne parlons donc pas des licenciements, des conditions de plus en plus dures sur les chaines qui utilisent encore parfois la main d'œuvre humaine, des innombrables ingénieurs bardés d'excellents diplômes et pourtant sur le carreau, ou employés à concevoir et réaliser des miracles organisationnels (comment faire tourner une production après licenciement des ouvriers ?), ni de leurs services R&D transférés en Chine et dont ils doivent, comble du comble, former les nouvelles recrues !

Parlons plutôt de ces métiers passionnants - ils le sont en effet - et des grandes entreprises éprises de "développement durable". Oublions les dirigeants voyous qui ferment leurs portes et dérobent l'outil de production en pleine nuit - des cas exceptionnels nous dit-on. Ou bien ceux qui empochent les mannes territoriales pour fermer leurs portes quelques mois plus tard ... Tout cela n'est que détail.

Ce que propose le rapport, c'est une belle campagne de communication. Et qui dit communication, sous-entend explication pour ces pauvres gens qui décidément ne comprennent rien.

Tu seras industriel-le mon fils, ma fille ! Voilà le message qu'on nous promet de diffuser urbi et orbi.
Mais est-ce que par hasard on nous prendrait une fois de plus pour des imbéciles ?


13/01/2010






1.Posté par Recherche candidats ?! le 18/01/2010 12:33
Voilà un sujet qui passionne, au moins les foules de l'industrie.

Et je propose une première question à votre lecture de ce rapport, que je n'ai par ailleurs pas lu dans les détails :

Ne devrait-on pas arrêter la désinformation et la publicité négative faite autour des métiers techniques et industriels dans les filières de formation ???

J'entends par là faire entendre à tous les jeunes candidats à une carrière technique, qu'ils n'écoutent pas ce que j'ai pu entendre il y a une vingtaine d'année de la part d'une enseignante de Francais en classe de 3ème :
" tu veux aller en lycée technique ?! Encore un qui va réparer des machines à laver toute sa vie ".
En parallèle, et sans vantardise, je vous affirme avec eu mon Bac Technologique sans doubler aucune classe et avec Mention, obtenu un DUT en 2 ans et ai poursuivi mes études à l'étranger.
Son fils, de la même année que moi avait doublé sa 2nde et sa Terminale... CQFD.

Les débouchés en métiers industriels sont donc bel et bien réels et l'industrie attend les compétences qui sont si dures à trouver aujourd'hui après plusieurs décennies de dénigrement.

Un facteur est cependant à prendre en compte pour comprendre les évolutions de notre industrie :
On automatise donc on supprime le poste "ouvrier" sur ligne de production. Mais combien faut-il de personnes pour imaginer, développer, construire, essayer, valider, modifier, contrôler, installer, programmer, maintenir, dépanner, démonter, recycler, valoriser tous les robots que nous utilisons aujourd'hui ??? des dizaines, des centaines, plus ???

Pour ce qui est de l'automobile :
Notre exemple antional : on ne fabrique plus les petites voitures, même Françaises. Nous les importons !!! De Roumanie, de Turquie, d'Espagne, de Slovénie, etc... On supprime donc les emplois qui pourraient à terme avoir le besoin et les moyens d'acheter le produit que nous produisons ailleurs. On se tire une balle dans le pied et rentrons avec certitude et conviction dans un cerle vicieux...

L'exemple Germanique : ils fabriquent chez eux des modèles avec un coût de revient élevé. Donc ils se spécialisent dans le haut de gamme. Donc ils peuvent le vendre plus cher; font plus de marge; rétribuent une partie à leurs salariés.
Résultat : ces derniers ont les moyens d'acheter un produit de qualité et valorisant.
Ils sont dans un cercle vertueux créateur de richesse pour plusieurs niveaux.

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