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Souffrance au travail : pour une formation du management

Tribune

La violence sociale se développe, en particulier dans les entreprises de services. Pour la résorber, Victor Waknine, fondateur du site Alloboulotbobo.fr, propose une norme et la formation des managers "tyranniques".



Souffrance au travail : pour une formation du management
Du  management de la performance financière à la formation des managers au Capital Humain
La France est au podium de la politique sociale et pourtant c’est le pays qui paye le plus cher tribut au Stress et à la Souffrance au travail.

C’est là un des grands paradoxes de notre situation économico-sociale. En effet, citons quelques chiffres remarquables pour en juger :
     - Les dépenses publiques représentent 53% du PIB national,
     - Les cotisations sociales sont de l’ordre de 18% du PIB,
     - 22% des actifs appartiennent à la sphère publique : Etat, Collectivités territoriales,
       Santé Publique.

Notre pays s’est doté voire payé une paix sociale, administrative, fiscale et récolte une violence sociale incontrôlée. Celle ci est due en partie à un Management tyrannique emprunté aux pires méthodes venues d’ailleurs, qui n’ont rien à voir avec notre histoire et notre vécu éducatif, culturel et social.

Cette crise aiguë et explosive, se manifeste d’autant plus que les activités de services en global représentent 55% de l’emploi total (source INSEE 2006), soit un doublement en moins de 30 ans. Et c’est justement dans les organisations orientées services que la souffrance se manifeste le plus, dans le public comme dans le privé ou dans l’économie dite sociale.

L’écosystème des activités de services traverse une crise de Qualité de Vie au Travail, comme l’industrie a connu une crise de Qualité des produits il y a 25 ans avant que l’on ne parle de Coût d’Obtention de la Qualité, Cercles de Qualité et autre « Total Quality Management ».

Est ce à dire que « qui sème le vent récolte la tempête » ? Ne soyons pas fatalistes et invitons justement nos politiques et partenaires sociaux à mettre en place une mesure et une évaluation de la qualité de vie au travail, voire une norme de certification comme au Québec, qui donnera  à chaque entreprise son bon Indicateur social et non pas uniquement une mesure de la performance financière.

L’autre socle de progrès devrait s’appuyer sur une transformation et un accompagnement par la formation du Management actuel et futur aux bonnes pratiques de la Qualité de Vie au Travail (MQVT), qui passera sans nul doute par la désignation de porteurs de projets du « Mieux Etre au Travail » dans les organisations.

Victor Waknine,
Fondateur et Editeur du site Alloboulotbobo.fr


11/05/2010






1.Posté par Alain Astouric le 08/05/2011 20:15
Bonjour,
Souffrance au travail : pourquoi et comment en est-on arrivé là ?
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/souffrance-au-travail-vii-92644
Cordialement

http://astouric.icioula.org/

2.Posté par Astouric Alain le 10/09/2011 00:58

Souffrance au travail : vu l’ampleur des dégâts rien en soi n’est suffisant !


Depuis deux décennies les techniques managériales de mutation organisationnelle permanente, de travail en mode projet, de réingénierie, d’empowerment* et de rémunération variable individuelle ont poussées les hommes, pardon ! les ressources humaines, vers la religion de la mobilité, la transformation permanente, la flexibilité, la polycompétence et l’individualisation des résultats au sein d’une entreprise prétendument individualisée pour le bien de tous.

Or, s’il est exact que ces évolutions peuvent offrir certaines opportunités de responsabilisation des salariés et de mise en place d’organisations moins hiérarchiques, elles font surtout peser de graves risques sur la santé mentale des travailleurs.

Aussi nous ne pouvons que regretter le silence, en particulier politique et dans une moindre mesure journalistique, qui a longtemps prévalu à propos de la souffrance au travail.

‒ Nous regrettons d’abord l’injonction paradoxale à l’autonomie qui a été faite aux salariés, sans jamais s’être assuré qu’ils y soient prêts, sans toujours leur avoir donné les moyens afférents et sans avoir non plus suffisamment intégré le frein que constitue en parallèle la procéduralisation excessive du travail. L’organisation est aujourd'hui exagérément normée et l’employé n’a plus le droit, faute de se le voir reprocher, de dévier des tâches à accomplir les unes derrière les autres ;

‒ Nous regrettons en second lieu la mise en concurrence des équipes. Une sorte de compétition qui, à l’instar des pratiques individualisantes, des modes de travail concurrentiels et des menaces de mise au placard ou de licenciement, continue à ravaler les gens au rang de simples ressources ;

‒ Nous regrettons en suite l’idée même de qualité totale, comme nous le faisions dès 2004 dans Le management durable

http://www.amazon.fr/management-durable-concret-r%C3%A9ussir-ensemble/dp/285008543X/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1301146198&sr=1-1

[…] les appellations aux allures excessives comme, qualité totale, zéro défaut ou excellence qui ne font aucune place à la réserve, ignorent la nuance et oublient les concessions afférentes à l'imperfection humaine, sont à manier avec précaution, si ce n'est à regarder avec suspicion […] La perfection n'est pas encore de ce monde ! D’ailleurs, si comme nous l’entendons de plus en plus souvent le risque zéro n’existe pas, comment la qualité totale pourrait-elle exister ?


Alors que faire en ces temps du triomphe de l’individualisme ?

Etant donné qu’on ne peut pas revenir en arrière, il est urgent de reconstruire l’entreprise. Non pas par nostalgie du passé mais parce que l’on tient là l’unique façon de réussir l’avenir.

Maintenant que les partenaires sociaux sont parvenus à un accord sur le harcèlement visant à mieux détecter la violence dans les entreprises, le moment est venu pour les branches professionnelles de mettre en place les outils adaptés à la situation de leurs secteurs. C’est-à-dire, pour l’essentiel : systématiser vraiment l’accompagnement des changements ; instaurer un délai minimum de stabilité après chaque changement de poste et, comme le recommande le rapport Lachmann de février 2010, prévoir une étude d'impact social avant toute restructuration significative.

Parallèlement à ces trois mesures structurelles, il est plus que temps de donner enfin à la maîtrise et aux cadres non seulement une réelle et suffisante marge de manœuvre mais aussi une formation sérieuse, complète et concrète, d’abord aux problématiques de la santé et du bien-être au travail, ensuite, et surtout, aux dix techniques qui fondent (depuis presque toujours) le management efficace d’une équipe au travail :

• La communication interindividuelle ;
• La gestion du changement dans les Organisations ;
• La recherche de l’amélioration de la qualité ;
• La délégation de pouvoir ;
• La prise de décision ;
• La négociation interindividuelle ;
• La motivation de l’homme au travail ;
• La conduite de réunion ;
• La prise de parole en public ;
• L’entretien de face-à-face.

Nous sommes bien conscient que vu l’ampleur des dégâts rien en soi n’est suffisant et que la pédagogie à elle seule n’est pas la panacée. Mais si l’on n’utilise pas en premier lieu les moyens existants, ceux là même qui ont depuis longtemps fait leurs preuves, rien ne sera jamais résolu.

En outre, parce qu’en matière de relations sociales dans le travail, de conditions de travail et d’organisation du travail la démarche collective est toujours à privilégier, nous insistons sur la nécessité à former les décideurs et dirigeants ‒ surtout les plus jeunes ‒ au minimum aux problématiques de la santé et du bien-être au travail ainsi qu’à la gestion du changement dans les Organisations. De préférence à la totalité de ce même programme.

On a là un train de mesures qui en ne confondant pas prévention du stress et poudre aux yeux devrait nous permettre de regagner suffisamment de confiance et d’adhésion pour, enfin, travailler mieux.

D’autant que les moyens existent de détecter les causes du stress, et donc d’agir en amont, par exemple ThermoStress

http://www.grimmersoft.com/grimmersoft/cms/54-151/presentation-de-thermostress.dhtml


Source

http://astouric.icioula.org


* La réingénierie consiste en un écrasement de la pyramide hiérarchique par disparition de la plupart des agents de maitrise et cadres de proximité. L’empowerment, au prétexte de lui offrir l’autonomie, aboutit en réalité à placer le salarié dans une position intenable entre, d’une part la stricte obligation de résultats immédiats et d’autre part le strict respect de normes, règlements procédures et processus.


http://astouric.icioula.org

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