Nos amis anglo-saxons exportent parfois des choses bien étranges (McDo, 4x4…).
En matière de recrutement, c’est un peu la même chose : nombre de cabinets UK ou US s'embarrassent bien peu de déontologie:
- CVs envoyés à des sociétés "en aveugle", sans accord des candidats et sans connaissance des besoins des entreprises,
- candidats présentés à des clients sans entretien physique préalable,
- paiement par les candidats d'une petite contribution en cas d'organisation d'un entretien avec un client ou de recrutement (qui a parlé de racket?),
- candidats recrutés pour un client pour être aussitôt débauchés pour un autre client,
bien sûr j'en passe, et des meilleures...
Ce qui est dommageable, c'est que nous sommes bien souvent en admiration devant tout ce que font nos amis anglo-saxons. Certains cabinets français se mettent donc tout naturellement aux mêmes méthodes crapuleuses. Mimétisme ou plus sûrement déficit de talent, absence de valeur ajoutée ou simple malhonnêteté. En général, ce sont d'ailleurs les mêmes qui ferment leurs portes dès les premiers signes de crise économique ; souvenons-nous de la fameuse bulle internet qui a laissé sur le carreau nombre de « confrères ». Finalement, ce genre de période difficile a au moins le mérite d'épurer le secteur.
Certaines entreprises ou certains managers apprécient de recruter des collaborateurs chez leurs concurrents directs. Elles ont ainsi le sentiment de gagner sur deux tableaux : elles se renforcent avec un collaborateur connaissant déjà leur problématique tout en affaiblissant la concurrence. C’est oublier un peu vite qu’aucune entreprise n’a la même culture ni le même fonctionnement qu’une autre, et que le professionnel qui réussit dans la société X ne va pas forcément être aussi « successful » dans la société Y. Quoi de commun –si ce n’est le marché– entre des sociétés comme Dassault Systèmes et Parametric Technology, Hyperion et Cartesis, Oracle et MySQL ? Parfois même –ironie du sort– le prédateur se retrouve gibier en recrutant, sans s’en douter, un collaborateur dont son concurrent est trop content de se « débarrasser ». Et dans ce cas encore, certains cabinets n’hésitent pas à forcer le recrutement, soit parce qu’ils sont payés uniquement au succès, soit parce qu’ils ont la flemme de faire les vérifications qui permettraient d’éviter « l’erreur de casting », soit plus simplement parce que leur seul objectif est de faire signer un contrat de travail sans se préoccuper de la suite.
A ce jour, aucun de nos clients ou prospects ne nous a demandé de chasser chez ses concurrents pour ensuite mettre au chômage leur recrue. Si cet évènement malheureux devait un jour arriver, je me ferai un réel plaisir d’expliquer aux managers concernés ce que je pense de leurs misérables petites manœuvres et je cesserai le jour même toute collaboration avec leur employeur.
Si ce jour arrive, je ne manquerai pas de vous en tenir informé. J’espère ne jamais avoir à le faire.
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