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Jeudi 01 Mars 2007

Recrutement hostile : Méfiez-vous des promesses mirobolantes

Pire encore que les recruteurs qui refusent de recruter des chômeurs, il y a ceux qui chassent chez leurs concurrents et vous recrutent pour vous mettre au chômage. Un moyen bien peu éthique de sabrer le potentiel d’un concurrent. Alors, gare au miroir aux alouettes !



Benjamin Chaminade
Benjamin Chaminade
Un beau matin, un chasseur de tête vous contacte et vous propose de doubler votre salaire. Vous vous sentez donc important, essentiel même, et l’appât du gain annihile totalement votre sens habituel des réalités. Vous foncez droit devant… dans le piège.

La méthode, vieille comme le monde, prend un nouvel essor. Comme l’explique Benjamin Chaminade, fondateur du cabinet Inside HR, basé notamment en Australie, « le recrutement hostile consiste à nuire systématiquement à vos concurrents en les privant de leurs hommes clés. Le processus de recrutement ne sera pas déclenché par un besoin interne de compétence mais pour des raisons externes : une part de marché qui décroît, une vente manquée, etc. »

Une pratique extrêmement fréquente en Australie ou aux Etats-Unis et qui arrive progressivement en France. Et ce dans tous les secteurs et pour tous types de profils. Managers et dirigeants bien sûr sont concernés au premier chef. Mais pas seulement, loin de là. Benjamin Chaminade raconte les pratiques qu’il a observées :

« En Australie, un opérateur téléphonique local rafle systématiquement les bons éléments de la SSII qui travaille pour elle. L’opérateur augmente la rémunération de 100% et fait travailler ces nouvelles recrues sur des projets court terme. Puis s’en débarrasse… On observe la même chose avec les chefs de chantier dans le BTP par exemple. Pizzaïolo, cuisinier, coiffeur, vendeur dans l’immobilier... tous sont concernés. Aux US, on commence à voir des restaurants qui sont fermés car le concurrent réussit à débaucher le chef cuisinier. »

Doubler son salaire en changeant d’entreprise, voilà donc une proposition alléchante. Seulement voilà : le recruteur n’a en réalité aucune intention de vous garder éternellement, surtout à ce tarif. Il vous recrute certes, mais pour une très courte durée. Résultat ? Si vous cédez aux sirènes, vous risquez fort de vous retrouver… sur la touche au bout de quelques mois, voire quelques semaines.

Comment se prémunir ? D’abord en étudiant bien les mobiles réels de l’entreprise « tueuse », notamment à travers les questions posées lors de l’entretien. La plupart des candidats s’inquiètent de la façon dont ils répondront aux questions du recruteur. Dans le recrutement hostile, le recruteur s’intéresse essentiellement au précédent employeur. Pourtant, c’est un moyen de plus en plus utilisé dans la guerre économique.

Le conseil de Benjamin Chaminade : « Quittez en bons termes votre employeur. Pour le cas où vous seriez contraint d’y revenir … » Et avant de vous sentir pousser les ailes, vérifiez également les termes exacts de la clause non-concurrence.




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1. Posté par Alain Rochard le 01/03/2007 21:41
Nos amis anglo-saxons exportent parfois des choses bien étranges (McDo, 4x4…).

En matière de recrutement, c’est un peu la même chose : nombre de cabinets UK ou US s'embarrassent bien peu de déontologie:
- CVs envoyés à des sociétés "en aveugle", sans accord des candidats et sans connaissance des besoins des entreprises,
- candidats présentés à des clients sans entretien physique préalable,
- paiement par les candidats d'une petite contribution en cas d'organisation d'un entretien avec un client ou de recrutement (qui a parlé de racket?),
- candidats recrutés pour un client pour être aussitôt débauchés pour un autre client,
bien sûr j'en passe, et des meilleures...

Ce qui est dommageable, c'est que nous sommes bien souvent en admiration devant tout ce que font nos amis anglo-saxons. Certains cabinets français se mettent donc tout naturellement aux mêmes méthodes crapuleuses. Mimétisme ou plus sûrement déficit de talent, absence de valeur ajoutée ou simple malhonnêteté. En général, ce sont d'ailleurs les mêmes qui ferment leurs portes dès les premiers signes de crise économique ; souvenons-nous de la fameuse bulle internet qui a laissé sur le carreau nombre de « confrères ». Finalement, ce genre de période difficile a au moins le mérite d'épurer le secteur.

Certaines entreprises ou certains managers apprécient de recruter des collaborateurs chez leurs concurrents directs. Elles ont ainsi le sentiment de gagner sur deux tableaux : elles se renforcent avec un collaborateur connaissant déjà leur problématique tout en affaiblissant la concurrence. C’est oublier un peu vite qu’aucune entreprise n’a la même culture ni le même fonctionnement qu’une autre, et que le professionnel qui réussit dans la société X ne va pas forcément être aussi « successful » dans la société Y. Quoi de commun –si ce n’est le marché– entre des sociétés comme Dassault Systèmes et Parametric Technology, Hyperion et Cartesis, Oracle et MySQL ? Parfois même –ironie du sort– le prédateur se retrouve gibier en recrutant, sans s’en douter, un collaborateur dont son concurrent est trop content de se « débarrasser ». Et dans ce cas encore, certains cabinets n’hésitent pas à forcer le recrutement, soit parce qu’ils sont payés uniquement au succès, soit parce qu’ils ont la flemme de faire les vérifications qui permettraient d’éviter « l’erreur de casting », soit plus simplement parce que leur seul objectif est de faire signer un contrat de travail sans se préoccuper de la suite.

A ce jour, aucun de nos clients ou prospects ne nous a demandé de chasser chez ses concurrents pour ensuite mettre au chômage leur recrue. Si cet évènement malheureux devait un jour arriver, je me ferai un réel plaisir d’expliquer aux managers concernés ce que je pense de leurs misérables petites manœuvres et je cesserai le jour même toute collaboration avec leur employeur.

Si ce jour arrive, je ne manquerai pas de vous en tenir informé. J’espère ne jamais avoir à le faire.
http://www.itgshr.fr

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