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Diversité
Mercredi 31 Mars 2010

Poissons d'avril ? Non, ce ne sont pas des blagues !

Des passagers handicapés chassés de l’avion ou du train avec leur fauteuil, des ouvriers licenciés priés d’aller se faire voir…à Bizerte (Tunisie) et des poissons victimes de l’audimat. Des histoires pas drôles qui ressemblent à des blagues mais qui n'en sont pas. Plutôt révoltant.



Poissons d'avril ? Non, ce ne sont pas des blagues !
Ce n’est déjà pas simple de prendre l’avion quand on se déplace en fauteuil roulant. Mais quand on se fait, en plus, débarquer, ça devient franchement angoissant. Tout le monde connaît l’histoire de cette jeune femme que la compagnie Easy Jet a obligée de descendre avant le décollage d’un vol Paris-Nice, sous prétexte qu’elle n’avait pas d’accompagnateur.

Finalement, elle a pris un vol suivant, les ministres concernés se sont émus et, take it easy, la compagnie lui a offert un billet. Chaque personne handicapée a bien évidemment les moyens de se payer un body guard dès qu’elle veut rendre visite à ses proches à l’autre bout de la France.

Le train, c’est mieux ? Pas du tout. Deux sœurs elles aussi handicapées ont été empêchées de prendre un TGV. Elles voulaient voyager ensemble, mais c’était impossible. La rame ne comportait qu’une seule place aménagée pour une personne en fauteuil roulant. Aventure voisine pour un autre handicapé à la descente d’un TER. Le quai ne comportait aucun aménagement. 

Ces histoires pas drôles s’expliquent surement par la multiplication des procédures dans les entreprises, une prolifération qui n’épargne ni les compagnies aériennes, ni celles de chemin de fer. Soucieux avant tout de ne pas se faire taper sur les doigts en cas de problème, le personnel de bord a peut-être choisi d’appliquer le règlement à la lettre : plutôt une injustice qu’un risque. Le résultat est, à l’évidence, brillant !


Conti : un taxi pour Bizerte

C’est également en appliquant la loi à la lettre et par courrier recommandé que la société Continental a proposé aux  600 ouvriers de son ex-usine de Claivoix un taxi non pas pour Tobrouk, mais pour Bizerte, sous la forme d’une offre d’emploi dans une usine tunisienne de la marque. Prière de signer un contrat local au salaire de 137 euros mensuels.

Bien entendu, la Direction des ressources humaines de la firme n’a pas cru un seul instant que les « Conti » allaient mordre à un tel hameçon. Il s’agissait simplement de respecter l’article L1233 du code du travail, qui oblige les entreprises à proposer toutes les possibilités de reclassement.  Mais le code du travail  n’interdit pas d’agir avec finesse et d’expliquer clairement les choses avant l’envoi d’un tel courrier.

Et les poissons, dans tout ça ? Eh bien douze d’entre eux ont péri à cause de la pression de l’audimat qui sévit autant au Danemark que chez nous. Une journaliste de la télévision publique voulait démontrer la toxicité d’un shampooing, ce qui est louable. Ce qui l’est moins, c’est qu’elle a imaginé de verser en direct live le produit dans un aquarium. Résultat, un seul survivant sur treize au cours des jours suivants.

La journaliste vient d’être relaxée  en appel. Le juge a estimé qu’il n'était pas « suffisamment prouvé que Mme Koelster avait occasionné angoisse et souffrances chez les poissons » comme l’affirmait le vétérinaire qui avait porté plainte contre elle.

Le problème avec les poissons, Votre Honneur, c’est qu’ils ne comprennent rien à l’audimat. Ni à  la déontologie.





Jean-Pierre Robert




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