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Parlez-vous bien 'la France' ?



Mais le pire serait-il ailleurs… c’est-à-dire à l’oral ?

On oublie souvent que l’impression, l’opinion que l’on suscite chez les autres repose sur une multitude d’informations verbales et non-verbales que l’on émet et qu’ils recueillent inconsciemment : posture, gestes, regards mais aussi richesse et correction de la langue utilisée. Or, la maîtrise de la langue permet en quelques instants d’établir une cartographie (réelle ou pas) de son interlocuteur : origine socioculturelle, niveau d’études, responsabilités dans l’entreprise, « charisme ».

Et dans ce cadre, les mots et expressions « qui tuent » sont nombreux. Quelques exemples :

- « Suite à… » au lieu de « A la suite de… »
- « Vu » et « Vu que »…et que dire de « malgré que… » parfois entendu chez des cadres supérieurs ?
- Relatifs mal accordés : « les contrats sur lequel nous travaillons… »
- Pléonasmes : « des projets d’avenir », « au jour d’aujourd’hui », « se consulter ensemble »
- Termes familiers : « Votre retour » au lieu de « Votre réponse »
- Conjugaisons approximatives : « il a feigni de ne pas s’en apercevoir ».

Le français – à la différence de l’anglais – est une langue qui fait appel à des registres très différenciés selon les situations de communication :

- « style quotidien » à l’oral avec ses collègues à la cafétéria
- « style soutenu » pour réaliser un exposé professionnel devant une assemblée de clients
- « style soutenu » ou « style formel » pour rédiger une charte de bonne conduite.

Il est vrai que la France pratique « l’exception linguistique » par rapport aux autres pays :

- on a une Académie chargée de veiller sur la langue
- on légifère sur les écarts (exemple : Loi Toubon)
- on a même eu un Président agrégé de grammaire (Georges Pompidou).

Pour autant, on peut se demander si le fait d’avoir pour la première fois un Président de la République qui maltraite autant le français  (pas de « ne » dans les formes négatives, exemple : « Je veux pas » ;  expressions ordurières, exemple : « Casse-toi, pauv'e con ! ») aura – à terme – un impact sur le ressenti des locuteurs sur le français et surtout l’évolution de la pratique linguistique.

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02/09/2010





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