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Jeudi 24 Janvier 2008

Les victimes de discrimination s'expatrient

Eviter les discriminations à l’emploi… en partant à l’étranger : le thème du colloque organisé par l’Afip ce 22 janvier se voulait volontairement provocateur, aux dires même de sa présidente Carole Da Silva. Comment remédier à cette fuite de compétences ? En changeant notamment les mentalités des cadres atuellement en poste...



Carole da Silva
Carole da Silva
« Chaque année on constate que sur 200 personnes suivies par l’Afip, environ 10% font le choix de départ à l’étranger sur un constat d’échec. Ils partent et ne reviennent plus », indique Carole da Silva, présidente de l'Afip , Association pour Favoriser l'Intégration Professionnelle, qui cible particulièrement des jeunes diplômés issus des "minorités visibles".

Car une fois installés à l’étranger, ces jeunes diplômés sont unanimes : « Là bas, je ne suis pas Karim, mais un jeune Français ». Du coup, « de plus en plus de personnes coupent tout lien administratif avec la France en prenant la nationalité du pays d’accueil », indique Marc Cheb Sun, rédacteur en chef de Respect Magazine (partenaire de Jobetic).

La plupart de ces jeunes partent donc à contrecœur. « La France ne veut pas de moi », disent-ils encore. « On voit des personnes qui postulent dans des entreprises françaises en France, n’arrivent pas à y entrer. Mais quand elles postulent à Londres, parfois dans les mêmes entreprises, elles prennent tout à coup de la valeur », déplore Carole da Silva.

Première destination prisée par ces jeunes : la Grande-Bretagne, et en particulier Londres. Patrick Tenwa, cadre financier chez JP Morgan, a suivi la même voie. « Mon responsable est Sikh. Il travaille avec son turban, et ça ne pose aucun problème. S’il a pu arriver là, pourquoi pas moi ? », témoigne-t-il. « En Grande-Bretagne, poursuit-il, les entreprises réfléchissent en termes de business. Je connais un Polytechnicien qui a passé un entretien d’embauche chez JP Morgan à Londres pour un poste de trader. Les questions qu’on lui a posées étaient très simples : si vous avez 1000 euros, qu’en faites-vous, puis 10 000 euros… L’idée étant de voir sa capacité à réagir à chaud sur une stratégie d’achat vente ».

Autres pays en quête de ressources humaines de qualité, le Canada et l’Australie n’ont que faire des couleurs et des origines éthiques de nos jeunes diplômés dont ils apprécient les compétences et la culture. Anpe et Apec en témoignent : les demandes de recruteurs étrangers affluent.

C’est d’abord le processus de recrutement qui est mis en cause dans la « méthode » française. La dictature du diplôme, à la française, s’oppose à l’évaluation des potentiels à l’anglaise. « En France, on se pose trop de questions lors d’un recrutement », considère Fabrice LACOMBE, directeur général de Michael Page International. Les délais sont beaucoup trop longs car on recherche la candidature parfaite. La différence est liée à un environnement général économique et juridique moins souple. En Grande-Bretagne, un recruteur prend facilement le risque d’embaucher une personne dont les compétences correspondent à 70% des besoins. Si ça marche pas, ce n’est pas grave, on changera. En France, on ne prend pas le risque. » Un risque somme toute mesuré, puisque ces jeunes sont au moins aussi compétents que leurs homologues… blancs !

Reste qu’au-delà des process et des méthodes, les préjugés et stéréotypes des recruteurs forment une barrière infranchissable. « Les grandes entreprises du CAC 40 ne sont pas racistes ! » La « petite phrase » lâchée par Richard Ozwald, Conseiller promotion à la diversité à la Société Générale, jette un froid dans l’assistance. « 40% des recruteurs avouent spontanément qu’ils discriminent. Ce ne sont pas les entreprises qui discriminent, ce sont les cadres qui prennent les décisions » considère pour sa part Jacky Chatelain, directeur de l’APEC. L’association pour l’Emploi des Cadres se trouve d’ailleurs tout naturellement en première ligne sur le sujet.

Lire la suite : intervention de Jacky Chatelain lors du colloque Afip


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Corinne Zerbib


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1. Posté par bouboule le 27/01/2008 12:13
En réponse...

Eviter les discriminations à l'emploi… en partant à l'étranger : le thème du colloque organisé par l'Afip ce 22 janvier se voulait volontairement provocateur, aux dires même de sa présidente Carole Da Silva. Comment remédier à cette fuite de compétences ? En changeant notamment les mentalités des cadres atuellement en poste...

vous faites bien Madame DA SILVA, les mentalités ne sont malheureusement pas prête de changer...

Actuellement au chômage, j'envisage de m'expatrier de ce pays pourri...

2. Posté par maillet le 28/02/2008 08:41
Eviter les discriminations à l'emploi ! : créer des emplois et favoriser la création d'entreprise !!!
Or on fait tout pour décourager les entrepreneurs (tracasseries administratives , charges sociales trop elevées, taxes et impots également ETC...).
S'il y avait de la création d'emploi avec des vrais emplois, on se poserait pas la question de savoir si tu es Vieux ou Jeune, FEMME OU HOMME , d'Origine Etrangère ou Pas , ON EN AURAIT BESOIN !!!!

( Cadre sénior au chomage , d'origine Tchimis , avec 2 enfants qui ont trouvé un emploi MAIS à L' Etranger.........)

3. Posté par patricia le 28/02/2008 09:58
Je viens d'ouvrir mon propre cabinet de recrutement n'ayant pas réussi à séduire devant la multitude de candidature dans ce domaine. Mon CV n'a même pas pu décrocher un seul entretien. La raison, j'étais militaire. A l'armée on apprend à faire la guerre et donc on ne sait pas travailler. C'est comme cela qu'on nous évalue. Alors, osez postuler pour un emploi de recruteur çà le fait pas. J'ai pourtant suivi 6 années de formation par correspondances en psychologie sociale pour être la plus objective et juste possible dans l'exercice de ce métier. Mais là encore, peu de gens savent de quoi je parle.

Après avoir attendu 1 an et demi avec seulement un proposition d'emploi mais loin de chez moi, j'ai décidé de créer mon propre cabinet. Ma méthode se rapproche des anglosaxonnes, avec plus de sécurité dans le choix des talents. J'espère que les candidats ne me discrimineront pas à leur tour.
Vous pouvez en savoir plus sur mon blog : http://aquilaerh.over-blog.com
Le lien sur mon nom correspond à mon parcours de recherche d'emploi et ma luttre contre la discrimination.
http://pgoyenetche.blog.sudouestjob.com

4. Posté par ZABOCK le 18/03/2008 12:05
Je ne vois pas ou est le problème: il n'y a rien a regretter de ce pays qui vit toujours dans la nostalgie de Louis XIV.Pour ma part j'encourage mes enfants à internationnaliser leurs études et à quitter ce pays pour ne pas y revenir. Pour repondre à maillet: la France à dejà vécu des périodes de besoin en main d'oeuvre ça ne l'a pas empechée de considerer les immigrants comme des meteques, des ritals des bougnoules ou autres negros.Le problème ne se situe donc pas dans les taxes ou les tracasseries administratives de la creation d'emploi.Le problème EST la France.En consequence il faut la quitter et l'abandonner à son sort de republique bananière...

5. Posté par MAV le 29/04/2008 15:54
Africaine d'origine 36ans,BAC+11 SANS EXPERIENCE dans mon domaine , je quitte la france pour le canada .Et j'encourage tous les diplomés de partir à l'étranger et ne pas perdre des années(comme moi).

6. Posté par Patrice D. le 10/06/2008 11:12
Il y a une autre sorte de discrimination : celle des personnes ayant eu de longues périodes de chômage. J'ai un seul diplôme : un diplôme décroché à l'AFPA niveau Bac + 2. J'ai l'impression que ma candidature est rejetée à cause de ces longues périodes. Je suis dans l'informatique. On me demande toujours pourquoi j'ai connu ces longues périodes de chômage. Je peux toutes les justifier. Récemment, j'ai eu un appel d'un cabinet de recrutement suisse. Ce cabinet s'est intéressé à mon savoir-faire, au type de poste que je recherchais, à mes traits de caractères (curiosité, esprit créatif...) mais en aucun cas à mes périodes de chômage. D'ailleurs, ce n'était pas la première fois qu'un cabinet suisse m'appelait. Je suis assez d'accord avec ZABOCK. Si je peux utiliser mes compétences à l'étranger, je n'hésiterai pas une seconde. La France est une mauvaise élève.

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