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Diversité
Les 15 jours qui ont secoué les grandes écolesDossierJeudi 14 janvier 2010
Boursier et "gosse de riche" ?
Marianne met à mal une idée reçue, en montrant que boursier ne rime pas forcément avec fils d'ouvrier. «Riche et boursier ? En France, c’est possible !» titre le journal. «Personne ne s'est trop intéressé au périmètre social défini par le terme boursier», écrit Gérald Andrieu. « Cela vaut pourtant le détour. Abdellah Bechata, professeur des classes préparatoires s’est penché sur les effectifs de Centrale Marseille, un établissement représentatif, selon lui, du « haut du panier » des grandes écoles. » Démonstration, appuyée par des tableaux détaillant les CSP (Catégories socioprofessionnelles) : «Que découvre-t-on? (…) Que seul près d’un étudiant d’origine défavorisée sur deux est boursier et que, dans le même temps, environ un étudiant d’origine favorisée sur quatre l’est aussi ! » Explication? Outre les bourses attribuées par le Crous, il existe des bourses Erasmus, Fulbrigth ou Rotary dont les critères d’attribution diffèrent. Lire sur marianne2.fr Le match vu par des extraterrestres Gaïa Universitas siffle la fin de partie : «Démocratisation de l’enseignement supérieur : circulez, y’a rien à voir…». Ce blog se présente comme « entretenu par des extraterrestres. Ils ont pour mission d’étudier l'étrange comportement des universitaires Terriens… » « Ce débat a du bon : on a découvert que le parcours d’un étudiant est trop souvent fonction de l’origine sociale des parents, écrit Rachel. On découvre aussi que c’est difficile pour un étudiant de faire de longues études quand on n’a pas les moyens (la bourse ne suffit pas et pas plus les maigres économies familiales). On découvre enfin que l’inégalité des chances se construit bien avant, durant le secondaire. Ouf, l’enseignement supérieur n’y est pour rien : c’est de la faute à la société et de la politique. » L’auteur conclut ainsi son persiflage : « C’était donc un faux débat, une polémique mal positionnée. Circulez, y’a rien à voir dans l’enseignement supérieur. » Lire sur le blog de Gaïa Universitas Mercredi 13 janvier 2010
Un ingénieur sur deux n’est pas un enfant de cadre
« Oui aux objectifs, non aux quotas », proclame le CNISF (Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France) qui regroupe, selon le site Agoravox, 160 associations d’anciens élèves d’écoles d’ingénieurs et de sociétés d’ingénieurs et de scientifiques. « Non aux idées reçues sur l’élitisme », affirme l’organisation qui poursuit : « L’enquête ingénieur réalisée par le CNISF, en juin 2009, révèle que : 1. 51% des ingénieurs sont issus de familles où aucun des deux parents n’est cadre 2. 47,7 % des ingénieurs ne sont pas passés par les classes préparatoires pour rentrer dans une école 3. Les écoles d’ingénieurs forment aujourd’hui 30 000 ingénieurs par an contre 16 000 seulement il y a 20 ans soit presque le double. » Lire sur le site du CNISF Lire sur Agoravox Les quotas divisent aussi les patrons Agnès Leclair, du Figaro, a demandé à six grands patrons s’ils sont favorables ou opposés aux quotas de boursiers dans les grandes écoles. Pierre Mongin (RATP), Henri Lachmann (Schneider Electric) et Mercedes Erra (EuroRSCG Worldwide) sont contre. Jacques Attali (PlaNet Finance) et Stéphane Richard (France Telecom) sont pour. Claude Bébéar (Axa), ne répond pas directement sur les quotas mais dénonce la discrimination dès l’école primaire. Lire sur lefigaro.fr Elitistes contre « draineurs de cerveaux » Le sociologue Stéphane Arpin note dans Le Monde que l’accès aux grandes écoles, au lieu de s’ouvrir, se serait fortement verrouillé au fil des années. « Après une vague de démocratisation correspondant aux "trente glorieuses" (entre 1945 et 1974, ndlr) avec environ 30 % d'élèves d'origine populaire, force est de constater que l'accès aux grandes écoles n'a cessé de se restreindre pour les classes populaires, pour atteindre aujourd'hui seulement 10 % des élèves. » Conséquence : « Désormais, un élève des classes populaires a, statistiquement, environ vingt fois moins de probabilité de rentrer dans une "grande école". » Stéphane Arpin oppose les « conservateurs », partisans de l’élitisme à la française, aux «progressistes» convaincus par le brain drain (drainage des cerveaux) à l’anglo-saxonne. Lire sur lemonde.fr Lundi 11 janvier 2010
Les élites françaises sont-elles ridicules ?
« Le parchemin d'une grande école, c'est comme l'anoblissement sous l'ancien régime », affirme le site Slate pour accompagner un article titré «La tragédie des grandes écoles». Sociologue, directrice de recherches au CNRS, auteur, Monique Dagnaud développe son analyse du système français d’éducation (voir ci-dessous son article « Les sources du désarroi de la jeunesse » le 7 janvier dans Slate). « En réalité, dans ce système de sélection, le capital culturel de la famille d'origine compte davantage que ses ressources économiques, en témoigne la forte surreprésentation des enfants d'enseignants dans le microcosme des grandes écoles. » écrit Monique Dagnaud. « A bomber le torse, à répéter inexorablement qu'elles sont «les meilleures» puisque bénies par la méritocratie scolaire, les élites françaises ne sont-elles pas quelque peu ridicules? Sont-elles si recherchées de par le monde? Les patrons français sont-ils réellement plus performants que les patrons allemands -recrutés surtout par la méritocratie professionnelle? » s’interroge enfin la sociologue. » Lire sur slate.fr 07/01/2010
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