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Mercredi 22 Novembre 2006
La discrimination à l'embauche s'aggrave
Le premier Baromètre national tire le signal d'alarme.
En dépit de la mobilisation générale contre les discriminations, la situation se dégrade. Voilà la conclusion affligeante de la dernière enquête de l'Observatoire des discriminations, conduit par le professeur Jean-François Amadieu.
Le Professeur Jean-François Amadieu
Suite à la campagne de testing lancée en 2004, le sociologue Jean-François Amadieu, professeur à l'université Paris I Panthéon Sorbonne, a renouvelé l'opération ces derniers mois.
Du coup, il enrichit le dispositif en publiant le 21 novembre via son ObservatoireBaromètre et le job board Adia, le premier Baromètre des discriminations à l'embauche en fonction de la taille des entreprises, des régions, des secteurs d'activité ou des catégories professionnelles.
Selon ses initiateurs, " il s'agit de se doter d'un "point zéro" qui permettra de mesurer les progrès dans la lutte contre les discriminations".
De l'automne 2005 à l'automne 2006, 6461 CV ont été envoyés en réponse à 1340 offres d'emploi. Les premiers résultats de cette enquête sont édifiants.
En dépit des efforts renouvelés pour lutter contre toute forme de discrimination, ce nouveau baromètre indique déjà une "dégradation" entre 2004 et 2006.
Des résultats d'ensemble dramatiques
- L'âge est la première forme de discrimination. Un candidat de 48-50 ans reçoit en effet 3 fois moins de réponses positives que notre candidat de référence, un homme âgé de 28-30 ans.
- Un candidat au patronyme maghrébin (sans photo) reçoit lui aussi 3 fois moins de réponses qu'un candidat au nom et prénom « français de souche ».
- Un candidat en situation de handicap (reconnu Cotorep) a 2 fois moins de chances de décrocher un entretien d'embauche.
- Une femme de 32 ans mariée et ayant 3 enfants, et un candidat au visage disgracieux ont respectivement 37% et 29% de chances en moins d'être convoqués à un entretien d'embauche.
Pour résumer, au seul stade du tri du CV, 10% de risques pour les entreprises de se trouver face à une plainte pour discrimination : dans 605 cas sur 6461 CV envoyés, un candidat "susceptible d'être discriminé" n'a pas obtenu de réponse positive alors que le candidat de référence au CV similaire en tout point, pour le même poste, a reçu une réponse positive.
Toujours plus de discriminations
Exemple : celui du secteur commercial en Ile-de-France, un secteur en tension sur le marché de l'emploi, où l'offre est pourtant souvent supérieure à la demande. Pour quasiment tous les profils du testing, les discriminations s'aggravent.
Certes, ces résultats doivent être interprétés avec prudence car le test de 2004 concernait 258 offres de commerciaux en Ile de France contre seulement 100 en 2006. Néanmoins, ils désignent sans aucun doute l'ampleur des discriminations pour ce type d'emploi.
- En deux ans, seule la situation des personnes handicapées est en progrès, sans doute sous l'effet de la loi de 2005 et de la mobilisation des entreprises sur le sujet.
- Par contre, les discriminations liées à l'origine et à l'âge sont nettement plus fortes.
- Le "candidat maghrébin" avait 5 fois moins de réponses positives que le "candidat de référence" (un homme de 28-30 ans, "français de souche" par son nom et prénom, sans photo). En 2006, il a 25 fois moins de chances d'avoir une réponse positive !
- Le constat est le même pour le candidat "âgé". En 2006, il a 8 fois moins de chances de recevoir une réponse positive que le candidat de référence. Les résultats de l'ensemble des tests confirment la situation très difficile dans laquelle se trouvent les seniors.
Pour l'apparence physique, les résultats sont un peu moins bons également.
Les mesures et les campagnes de sensibilisation seraient-elles contre-productives ?
" Ces résultats sont surprenants. On aurait pu s'attendre à la tendance inverse", commente Sylvain Côme, délégué générale de l'association Ethique et Recrutement. Qui tente une explication : " Plus on parle des stéréotypes, comme le fait depuis quelque temps, plus la discrimination se répand. Les recruteurs se sentent mis en cause dans ces discours. Du coup, ils ont tendance inconsciemment à reporter cette mise en cause sur leurs candidats".
En revanche, Sylvain Côme reste optimiste : " Je pense que nous sommes au creux de la vague. La situation va s'améliorer dans les mois et années à venir".
Méthode Coué ou vision d'un acteur infatigable de la lutte contre les discriminations ? Le prochain Baromètre le dira.
Inch'Allah !
Le baromètre de l'Observatoire des discriminations 2006
Vous souhaitez reproduire cet article, merci de contacter la rédaction de Jobetic.net - Copyright Jobetic
Jean-Christophe Buchot et Corinne Zerbib
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1. Posté par
JCh
le 23/11/2006 14:13
Rappel : toute personne s'estimant victime de discrimination peut saisir directement la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) : http://www.halde.fr
2. Posté par
jean françois
le 26/11/2006 13:05
C'est lamentable que des recruteurs puissent avoir une telle attitude, ceux sont des voyous, c'est des amendes et des peines de prisons qu'il faut.Une loi plus forte basée sur les testings , il est necessaire de responsabiliser aussi bien l'entreprise que le chargé de recrutement.
3. Posté par
Olivier Davoust
le 08/12/2006 00:42
rappel aussi : tout recrutement est une discrimination.
on accepte de discriminer sur un diplome. Et pourtant ...
sur une "expérience" du poste de x années . Et pourtant ...
il existe donc des discriminations qui sont reconnues comme des critères de sélection acceptables bien que rien au fond ne les justifie "scientifiquement".
on ne m'imposera jamais de travailler avec une personne que je n'apprécie pas, son parcours fut il excellent. J'ai le droit de lui préférer un autre profil, un autre parcours, une autre histoire.
ensuite faisons tous les testings du monde, on obtiendra toujours les mêmes résultats en fonction de ce qu'on cherche.
si le discours se voulait un minimum crédible, il serait urgent d'etablir le profil des recruteurs d'ABORD et de s'apercevoir qu'il n'est pas acceptable en depit de toutes les chartes signées que des stagiaires sont attachés au recrutement, que la part de jeunes femmes est trop importante et que la profession doit être masculinisé, que l'age des recruteurs est lui même un probleme et doit etre revu à la hausse ...
pas dans l'idée que ces propos passent comme une lettre à la poste ...
http://obsdurecrutement.free.fr
4. Posté par
"RESEAU EQUILIBRE"
le 29/01/2007 07:44
Le "RESEAU EQUILIBRE" de la CFE CGC
• colpin
• Vendredi 05/01/2007
Un accord qui serait signé conjointement par les 5 syndicats salariés ET par l'ensemble des syndicats employeurs, dans le contexte encore tout chaud de feu le C.P.E., cela pourrait sembler utopique voir surréaliste…
Pourtant il existe ! C'est celui sur l'Egalité professionnelle de mars 2004. Tout comme existe un label sur le sujet délivré par l'FAQ AFNOR. Notons, qu'à présent cette labellisation n'est plus réservée qu'aux seules « grosses » structures puisque depuis quelques mois elle est également ouverte aux entreprises de moins de 50 salariés.
Avec beaucoup de réactivité, la CFE CGC, qui fut le premier syndicat à demander le congé paternité, a lancé le Réseau Equilibre dès 2004. Son objectif est double : promouvoir la conciliation des temps de vie (travail / vie personnelle) et l'égalité professionnelle.
La CFE CGC est convaincue que la mixité (concept plus fort que « parité » avec ses inévitables quotas) et la diversité constituent de véritables facteurs de modernité, d'innovation et d'efficacité pour l'entreprise. La féminisation des effectifs est une chose, mais l'accès par les femmes aux fonctions de management et d'encadrement en est souvent une autre : Les désiqulibres importants et persistants perpétuent des représentations culturelles qui doivent évoluer. L'intégration de la parentalité dans la vie professionnelle fait partie de cette évolution souhaitable. Elle constitue un facteur d'efficacité de nature, par la satisfaction apportée aux salariés, à améliorer la qualité de service et c'est « gagnant / gagnant ». De plus, avec le papy boom qui arrive à grands pas, il y ici matière à fidéliser les salariés…
Le Réseau Equilibre, par des échanges avec l'ensemble des branches et syndicats d'employeurs promeut l'ouverture de négociations ainsi que la labellisation présentée plus haut.
Dialogue social ? Voilà du grain à moudre…
COLPIN Didier - 01/ 07
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