L’INSEE a enfin dévoilé, hier, ses chiffres du chômage nouvelle formule. Petit retour en arrière : l’Institut, en mars dernier lors des dernières élections, avait décidé de ne pas publier son enquête emploi 2006. Ce qui n’avait pas manqué d’éveiller soupçons et critiques : s’agissait-il de dissimuler des chiffres en contradiction avec les statistiques officielles du gouvernement Villepin ? Au bout du compte,
l’Insee a annoncé hier un taux proche du dernier chiffre officiel publié en juillet dernier : «
le taux de chômage au deuxième trimestre est de 8,1% (soit 2.2 millions de chômeurs) pour la France métropolitaine, 8,4% avec les DOM ». Les départements d'Outre-mer étant enfin comptabilisés (mais quid des TOM ?). Alors, beaucoup de bruit pour rien ou tour de magie ?
Revenons brièvement sur les changements. Rappelons que jusqu’à l’été dernier, les chiffres du chômage publiés chaque mois mixaient le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie 1 à l’ANPE et celles de l’enquête emploi de l’Insee, reposant sur une enquête et la définition du chômage au sens du BIT (Bureau International du Travail). Désormais, ces données sont séparées ; celles de l’Anpe continueront d’être publiées mensuellement, et celles de l’Insee le seront trimestriellement.
Pour cette publication, l’Insee a choisi de s’aligner sur la définition européenne du chômage, plus restrictive encore que la traditionnelle catégorie 1 de l’ANPE. Ainsi, un chômeur ne doit plus seulement être inscrit à l’ANPE, mais en mesure de prouver qu’il travaille à « une recherche active d’emploi»… La raison officielle ? Etre en mesure de comparer les chiffres français du chômage avec ceux des voisins européens. Avantage, «
ce changement décale le taux de chômage de - 0,7 point en moyenne », reconnaît l’institut. Une baisse qui permet dans le même temps de "recoller" avec les chiffres du printemps dernier. Simple coïncidence ou "convergence miraculeuse" ?
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