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Job Info
Mercredi 13 Février 2008
Informatique : la chasse reste ouverteLes « seniors » reconvertis restent sur la touche
Trentenaire et déjà vieux ? C’est le lot des informaticiens, en particulier en SSII. Un âge plutôt valorisant lorsqu’on a parcouru le cursus classique – développeur, analyste, chef de projet junior, puis senior … Mais il en est tout autrement lorsque le « senior » a mené une carrière purement technique, à plus forte raison lorsqu’il est resté cantonné, de gré ou de force, à des technologies désormais dépassées. Conscients du danger, nombre d’ingénieurs ont fait l’effort de renouveler leurs connaissances techniques et se sont formés, à leurs propres frais le plus souvent, aux technologies dites nouvelles – Java, J2EE, .net etc. Une initiative certes louable .. mais malheureusement classée sans suite. « La reconversion n’est pas facile. Les technologies ont beaucoup évolué, et comme les prix des prestations stagnent, les SSII ont besoin de personnes opérationnelles et peu chères », déplore Anne Touret-Jeanne, directrice du cabinet de recrutement Claude Jeanne Sélection. « Un senior débutant ne trouve pas sa place dans ce monde là, confirme Yves Buisson, directeur associé recrutement de Logica. Intégrer des seniors dans une entreprise dont les effectifs sont très jeunes s’avère très complexe. Nous avons tenté l’opération qui s’est conclue par un fiasco ! » Le son de cloche est identique chez la plupart des interlocuteurs. « Je vois certes des gens prêts à faire des efforts en termes de salaire. Mais positionner un senior au même niveau qu’un débutant est impossible quoi qu’on dise », considère Amadou Ngom, Pdg de « Des Systèmes et des Hommes ». Certes la tendance était latente depuis plusieurs années. Aujourd’hui, les témoignages et déclarations des recruteurs ne laissent aucun doute : ces quadras qui ont préféré (ou n'ont pas eu d'autre choix) rester sur des métiers techniques plutôt que d’attraper l’ascenseur du management sont hors jeu. Mais alors quelle est la solution ? Car pour les « seniors » formés et expérimentés sur d’anciennes technologies, l’avenir reste sombre. Qu’il s’agisse des mainframes – cobol en tête – des technologies AS400, le client-serveur, Visual Basic ou de toute autre technologie dite « ancienne », le constat est le même : la demande des recruteurs est en forte baisse. Plutôt que de recruter ces experts dont la compétence est indéniable, les grands prestataires préfèrent former des jeunes diplômés sur ces technologies dépassées, pour acquérir les compétences le temps d’un projet. Ce qui finalement revient tout de même moins cher … Les anciens systèmes n’ont pas disparu pour autant. C’est bien l’offshore qui prend le relais sur les grands chantiers de maintenance applicative, menés tant par les grands comptes eux-mêmes que par leurs prestataires. Voilà donc l’effet visible de ces migrations de TMA vers les pays low cost qui commencent ainsi à rogner sensiblement les effectifs nationaux. Reste que l’actualité pourrait donner un coup de pouce à ces « seniors » boudés par les recruteurs : les pressions opérées par la Halde contraignent les cabinets de recrutement à proposer en « short list » des profils divers en termes d’origines et d’âge. « Les plus de 50 ans recommencent à obtenir des entretiens. Aujourd’hui, le fait de pouvoir s’abriter derrière la loi nous permet de sélectionner des candidats sans discrimination », explique Dominique Galet, Directeur « Systèmes d’information » chez Michael Page. Encore faudra-t-il que l’entretien débouche … sur une embauche ! Portrait robot : Ingénieur développement anciennes technologies • Environ 30 ans et plus • Formation puis expérience significative sur les anciennes technologies (Cobol, AS400 …) • Reconversion aux nouvelles technologies sur le tard • Mais pas d’expérience significative dans le nouveau domaine Carole Bouxom, responsable de la filière IT de Kobaltt, société d’intérim
Quels sont les profils d’informaticiens qui peinent à trouver un job ?
Ce sont en premier lieu les ingénieurs de plus de 30 ans qui se sont formés aux nouvelles technologies mais n’ont pas encore d’expérience. Ils ont souvent été licenciés durant les années noires, ont suivi des formations en nouvelles technologies, mais ne trouvent pas de job en raison de leur manque d’expérience. Malgré la pénurie actuelle, les entreprises n’en veulent pas, ce qui est très paradoxal. Pourtant, à 35 ou 40 ans, il reste beaucoup à faire et à prouver ! Les spécialistes des anciennes technologies sont donc mis à la retraite d’office avant 40 ans ? Oui, c’est un véritable gâchis. Les jeunes diplômés qui n’ont pas de stage significatif sont d’ailleurs dans la même situation. On ne veut plus prendre le temps de former les gens, aujourd’hui. Corinne ZERBIB
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