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Mercredi 13 Février 2008

Informatique : la chasse reste ouverte

Ingénieurs, architectes, chefs de projet, techniciens : les profils informatiques font l'objet d'une chasse parfois sauvage. Tous sont courtisés voire harcelés... sauf les spécialistes d'anciennes technos. Même reconvertis, ils restent injustement sur la touche. Panorama des recrutements prévus en 2008.



Ingénieurs et consultants : la foire d’empoigne

Informatique : la chasse reste ouverte

  • Métiers traditionnels du secteur, les ingénieurs nouvelles technologies et consultants restent les valeurs phares de l’an prochain.
  • Face à la pénurie, les critères de sélection s’élargissent : universitaires et non informaticiens prennent du galon. Et la chasse bat son plein.

Jeux, concours, matchs de foot, énormes campagnes de communication, opérations de recrutement en un jour et autres balades sur Second Life : la frénésie des recrutements dans le secteur rappelle étrangement les « belles années » de la fin de siècle dernier. Tout est bon pour attirer des candidats qui ne répondent même plus aux annonces et se voient à nouveau harcelés par des dizaines de recruteurs.

Les candidats ?
Pour l’essentiel des ingénieurs de développement compétents en « nouvelles » technologies – les éternels Java, J2EE ou .net, qu’ils soient expérimentés ou jeunes diplômés. Mais aussi dans une moindre mesure, les consultants métier, en particulier sur les ERP : voilà en résumé les profils que toutes les SSII recherchent désespérément.

Et les prévisions pour 2008 ne présagent pas particulièrement d’une accalmie sur ce front. La plupart des recruteurs font état, comme Yves Buisson, directeur associé recrutement de Logica d’un « optimisme prudent ». Mais leurs chiffres sont soit équivalents à ceux de 2007 soit supérieurs. Ce sont donc des milliers d’ingénieurs développement et de consultants qui font l’objet de toutes les convoitises.

Une rude concurrence
D’autant que les SSII, longtemps reines sur ces profils, se voient de plus en plus concurrencées par leurs propres clients. Les grands comptes et grandes PME n’hésitent pas en effet à recruter sur ces postes, préférant pour ce faire débaucher leurs prestataires après quelques mois passés en régie.

Conséquence logique : entre les chasses qu’elles se livrent entre elles et les appels d’air provoqués par leurs clients, les SSII souffrent d’un turn-over plafond – de 15% en moyenne, mais qui peut atteindre plus de 30% chez certains !

Si le procédé n’a rien de nouveau, c’est donc son intensité qui accentue la frénésie sur ce marché. « Pour pourvoir les 600 recrutements que nous devons réaliser en 2008, nous allons recruter un grand nombre de nos prestataires », indique ainsi la responsable recrutement d’une grande banque. Mais il n’y suffira pas : le passage des systèmes d’information aux technologies objet et internet ne peut plus attendre ni d’ailleurs les évolutions liées aux ERP. Tous les ingénieurs ou apparentés seront donc mobilisés l’an prochain pour ces projets, tant chez les utilisateurs que chez leurs fournisseurs prestataires de services.

Et la foire d’empoigne ne s’arrête pas là : les éditeurs logiciels eux aussi recherchent des pointures pour renforcer leurs services R&D. « Sur les profils d’ingénieurs de développement et de tests que nous recherchons majoritairement, le marché penche nettement en faveur des candidats. Nous devons donc faire de la chasse auprès de nos concurrents », indique ainsi Patrick Houry, en charge du recrutement pour le pôle R&D de Business Objects en France.

Face à cette « nouvelle » concurrence, les SSII souffrent d’un handicap de taille : les années noires ont largement entaché leur réputation, accentuant leur image historique de « marchands de viande ». Du coup, il leur faut déployer des trésors d’imagination pour convaincre les rares candidats qui, logiquement, préfèrent des postes plus stables et moins risqués.

En revanche les ingénieurs et consultants issus des SSII ne trouvent pas forcément chaussure à leur pied : eux aussi souffrent – par ricochet – de la mauvaise image actuelle de la prestation de service. « Nous ne fermons pas la porte à ceux qui viennent des SSII, à condition qu’ils comprennent bien les notions de temps et de qualité qui sont absolument essentiels dans notre activité », indique ainsi clairement Patrick Houry de Business Objects.

Portrait robot : Ingénieur développement « nouvelles technos »
• Bac + 5 – Ecole d’ingénieur ou Université (Miage de préférence)
• De 1 à 3 ans d’expérience en « nouvelles technologies » : Java, J2EE, .net …
• Idéalement, connaissance d’un métier utilisateur – banque finances au premier rang
• Communicant et capable de s’insérer dans les cadres méthodologiques
• Grande capacité d’évolution


Anne Touret-Jeanne, Directrice du cabinet de recrutement Claude Jeanne Sélection :

Informatique : la chasse reste ouverte
Quelles sont les conséquences de la pénurie actuelle sur les postes d’ingénieur développement nouvelles technologies ?
Les ingénieurs dotés de 2 à 5 ans d’expérience dans les nouvelles technologies sont de plus en plus difficiles à trouver. Du coup, les recruteurs revoient leurs prétentions à la baisse. En particulier, le critère de la formation en école d’ingénieur est désormais dépassé. L’université reprend du galon. D’autant que les diplômés d’universités sont un peu moins chers et moins sollicités.

Cette pénurie va-t-elle perdurer l’an prochain ?
Elle sera pire que jamais ! Car la demande sur ces profils va s’accroître et les profils disponibles vont se raréfier, après deux ans de forte croissance des recrutements. Pour exemple, les jeunes diplômés d’écoles d’ingénieurs sont actuellement recrutés avant même d’avoir leur diplôme. Conséquence : ces jeunes ingénieurs comment à avoir la grosse tête !


Corinne ZERBIB




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