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Job Info
Vendredi 15 Mai 2009

Harcèlement : comment l'évaluer, comment s'en sortir...



Conseil n°1 : prendre du recul en gardant son sang-froid

Harcèlement : comment l'évaluer, comment s'en sortir...
C’est le premier réflexe d’auto-protection pour ne pas se laisser démolir.

Si vous commencez à perdre confiance, c’est un signal : votre agresseur vous a déjà ferré.

La seule façon de résister à un supérieur manipulateur, c’est de ne pas lui montrer l’emprise qu’il a sur soi.


Prenez de la distance, détaillez son petit manège sournois.

En analysant froidement la scène, vous aurez moins tendance à vous accuser et à vous mettre en position de victime. Le seul fait de relativiser aide en effet à diminuer l’instinct de peur. Car une attitude soumise et craintive galvanise l’ennemi. La peur augmente en effet la température du corps, ce que ressent immédiatement un agresseur. Exactement comme un fauve !

Garder le contrôle de ces émotions est donc essentiel pour ne pas entrer dans le jeu du harcèlement. Si votre chef multiplie les attaques verbales, surtout, ne réagissez pas au quart de tour ; il n’attend que cela !

Mieux vaut feindre l’indifférence, garder le sourire et répondre avec humour, sans ironie.





COMMENTAIRES : Nous vous rappelons que, conformément à la loi, tout propos injurieux, diffamatoire ou xénophobe vous expose à d'éventuelles poursuites judiciaires. L'anonymat n'empêche pas votre identification.

1.Posté par Réaction d'un anonyme le 26/05/2009 13:12
Bonjour,

Permettez moi de vous féliciter pour votre article et rmerci de respecter mon anonymat.

Cadre sup., licencié en Janvier 2009, j'ai recours à un avocat pour licenciement abusif sans motif réel et sérieux et harcélement moral. La procédure est en cours.

Vos 6 conseils m'aurait permis de mieux me protéger efficacement à l'époque et je conseillerai de garder des écrits. Seuls les faits comptent.

J'ajouterai un conseil supplémentaire: informer la DRH par un courrier avec AR. Voici pourquoi?
a) vous informez votre entreprise avec une date, ce qui vous servira par la suite.
b) la DRH est certe du côté de la direction mais, en cas de harcèlement moral, elle a le devoir de réagir à votre courrier.
c) si la DRH ne donne pas suite, son responsable est en faute.

Un harcélement moral en entreprise ou ailleurs, relève du pénal,

2.Posté par traub le 26/05/2009 13:53

Cher Monsieur,

Armez-vous de patience et de courage.

Licencié en 1 heure en mars 2005 pour un motif futil, mais après 6 mois de harcélement moral, j'ai gagné en juin 2006 sur tous les plans.
Malheureusement en appel en mars 2008, il s'est trouvé un Juge pour me débouter de tout.
Maintenant je suis en Cassation, avec un jugement vers septembre 2009.
Si je gagne (vous voyez, je doute), je repars en appel pour un jugement en mars 2011.

J'espère que vous aviez souscrit à une assistance juridique (je l'ai sur les conseils avisés de mon assureur).

Bon courage.

3.Posté par ... le 26/05/2009 14:12
Bonjour,

J'ai malheureusement été victime il y a quelques années d'un triple harcèlement
sexuel de la part de mon directeur commercial, n'ayant pas cédé à ses avances, j'ai eu droit à un harcèlement moral doublé d'un harcèlement moral de la part de ses supérieurs hiérarchiques, car un moment donné j'étais devenue ingérable, je suis me accrochée car mon métier me plaisait ... début du harcèlement 2002, j'ai tenu 2 ans, je viens juste de m'en remettre ... avec l'aide d'un psychiatre ... un conseil, gardez des preuves écrites, ne pas hésiter à en parler à son entourage privé, professionnel ce n'est pas la peine, vos collègues comprennent, mais protège leur poste ... je vous souhaite bon courage ...

Cordialement.



4.Posté par Gribouille le 26/05/2009 14:23
Merci pour tout ce que vous dites, car cela a été mon cas également. Heureusement que, conseillé par un ami qui a toujours été à mes côtés sur ce que je vivais à mon travail (plus facile pour lui avec la "distance"), j'ai autant que possible réagi à ces comportements anormaux, voire des demandes de travail en dehors de ma fonction très "inhabituelles" : colère et harcèlement les accompagnant, sans parler des réflexions déstabilisantes, répétées et stressantes.
Vous avez raison que nous ne devons pas baisser les bras face à des circonstances très étranges, et le fait de respirer un grand coup — pas facile souvent ! — avant de contrecarrer les "agressions" verbales doit certainement aider à relativiser et garder son sang-froid.
- Garder son assurance et ne pas laisser les chefs ou les patrons prendre le "dessus" sur nous est tout aussi important — même si la politesse doit rester au rendez-vous
- Savoir se faire respecter et garder toujours la "tête haute". Car, quand nous oublions d'avoir du respect pour soi-même et que nous perdons confiance en nous, c'est la porte ouverte à toutes les attaques souvent blessantes
- Rester centré dans ces moments-là c'est le plus difficile mais aussi le plus bénéfique comme si vous marquiez votre territoire d'une certaine manière... et marquiez des points !
Et j'avais remarqué qu'un jour j'avais noté ce qui se passait sous les yeux du chef de service qui l'avait relevé et, craignant le pire, le lendemain même tout était rentré dans l'ordre.

Pour moi, le mieux a été de noter tous les faits "anormaux" éprouvants au quotidien – marques d'irrespect total et volonté de nuire – et d'amener toutes ces lettres (après mon patron) chez un avocat qui a relevé un harcèlement moral avéré.
Mon dossier est en cours, et j'espère bien que le harcèlement vécu pendant plus de 4 ans sera reconnu car les dégâts mentaux depuis 2005 ne sont, à ce jour, toujours pas évacués...

5.Posté par Anonyme le 26/05/2009 16:24
Re-bonjour,

Je ne pensai pas par mon email et mon 7ème conseil susciter un tel flot d'expériences vécues ni de témoignages à coeur ouvert des dégats.

L'important c'est la résilience ! Des solutions existent, j'en ai fait l'expérience.
J'écris mon récit personnel avec une partie didactique. J'espère trouver un éditeur.

Courage!

6.Posté par traub le 26/05/2009 18:07

A Anonyme.

Si vous avez besoin d'aide ou de conseils avisés, je suis à votre disposition.

En effet l'entourage qui n'a pas connu et vécu cela, est malgré sa bonne volonté (pas toujours, je l'ai aussi expérimenté) incapable de comprendre ce que l'on ressent et encore plus incapable de donner de bons conseils.

7.Posté par Perdu le 27/05/2009 12:05
Bonjour, je lis cet article et je ne sais comment me situer.
Je me suis retrouvé dans une situation difficile suite à une mutation. J'ai eu du mal à m'intégrer probablement suite à une perte de responsabilités (condition de ma mutation) et donc à une envie de les retrouver qui transpirait et qui devait gêner mes collègues, à mon coté bonne poire qui a du plus les énerver qu'autre chose et même parfois leur donner l'impression que je dévaloriser leur travail, leur aptitudes (quand on propose trop souvent de rendre service c'est comme ça que les gens le perçoivent), au fait que je sois le meilleurs dans certaines de mes activés ce qui devait parfois susciter des jalousies ou de l'enervement car je suppose que ma satisfaction de reussir se voyait et enervait aussi, bref une incompréhension totale. J'avais cependant le soutien de mon responsable ce qui me permettait de tenir malheureusement ceci a aussi disparu. Suite à mon entretien pour bilanter une partie de l'année et préparer les objectifs de fin d'années, il s'est avéré que mes objectifs m'ont été retirés soit disant parce que je ne fesait pas purement et simplement ce que l'on me demandais. Il est vrai que je prenais certaines initiatives qui correspondaient à mes responsabilités et qui me parraissaient necessaires et pas inopportunes. De plus les relations étaient de pire en pire. A peine bonjour ou au revoir des discussions qui s'arrêtes et des sourires qui disparaissent quand je m'approchait. J'avais tenté une négociation pour comprendre ou été le problème et de là je m'étais effforcé de coller pile à ce que l'on me demander pour retrouver mes objectifs, mais quelques temps après lorsque je les ai redemandés ils m'ont à nouveau été refusé dans une discussion houleuse durant laquelle malgré ma volonté de comprendre, d'être rationnelle et d'apaiser, tout ce que je disait était retourné contre moi et l'on m'a indiqué 3 fois la porte si ça ne me convenait pas, on m'a fait remarquer que moi je n'avais personne qui m'attendait à la maison (sujet très sensible de ma vie personnelle) alors que les autres oui. Bref une véritable catastrophe. Qui s'ajoutais à une remarque bien blessante que j'avais déjà eu comme quoi je n'aurais pas du dire à une personne quelque chose que j'avais dit sur le ton de l'humour et en toute amitié que c'était comme si moi on m'avait appelé "le petit gros" (là encore sujet qui fache). J'ai tenu le temps que les choses importantes de mon activités se terminent mais malheureusement j'ai fait un burn out (stress intense lié au travail très bgien décrit sur la première page donnée par google) Je suis en arrêt depuis quelques mois, j'essaie de me reconstruire, mais je n'ose pas retourner au travail. Quand j'apporte mes prolongations ou que je téléphone pour prévenir les regards sont mauvais, les paroles froides.
Je ne sais pas si je dois assimiler tout celà à du harcélement moral ou si c'est un simple fait de mon comportement et de mon interprétation. Je sais que je suis grillé dans mon entreprise car du fait de mon arrêt je passe pour quelqu'un de non fiable, et j'ai très peur de reprendre car les esprits n'ont pas l'air plus calmés et je ne veux pas revivre cet enfer, mais je ne souhaite pas démissionner pour ne pas perdre mes droits. J'essaie donc de me réorienter en attendant. J'ai également une assistance juridique dans mon assurance, mais bon vu que je suis complétement perdu je ne sais pas si je dois la faire intervenir. De plus je n'ai aucun écrit, que mes souvenirs et ce que j'ai pu dire à mon entourage.
Bref si vous avez des réponses, des conseils. Je crois que j'en aurais bien besoin.
Merci d'avoir pris la peine de lire ce roman jusqu'à la fin

8.Posté par Gribouille le 27/05/2009 12:53
La première chose à laquelle je pense en te lisant est : as-tu des collègues "amis" dans cette boîte ? Si oui, tu pourras au moins avoir une attestation de sa (leur) part qui prouverait combien ils t'ont empoisonné ta vie au travail et davantage...
En tout cas, oui, pour moi, cela ressemble à une sorte de harcèlement car manque de considération. Nul n'a besoin de "blesser" au travail, il devrait y avoir du respect et pas de remarques (physique ou intellectuelle). Tu fais ton travail en répondant aux besoins. Et la vie privée, c'est la vie privée : gardes-la pour toi.
Il semble que tu avais un job "créatif" et où tu pouvais prendre des initiatives. Rester "humble" face à tes bonnes idées.
Si ce n'est plus possible, qu'importe ! et que ce n'est pas ce que tu recherchais dans ton travail, peut-être vont-ils finir par te licencier et tu pourrais en attendant trouver un job qui te convienne.
Je te souhaite bon courage et n'hésites pas à suivre ton instinct surtout.

9.Posté par Perdu le 27/05/2009 13:09
Merci pour la réponse
Ce n'était pas un job créatif. J'avais juste un collègue avec lequel je m'entendait très bien et qui fesait l'effort de comprendre et de me défendre auprès des autres, mais je l'ai perdu comme "allié" le jour de cette discussion houleuse car en fait je proposais de faire des heures sup comme on l'avait déjà fait une fois (preuve de bonne volonté) ce à quoi mon responsable m'a dit que j'avais personne qui m'attendais mais eux oui du coup en guise d'apaisement j'ai dit que je comprenais que mon collègue était comme nous tous un peu fatigué et surtout dégouté de rentrer chez lui juste pour coucher son enfant sans pouvoir le voir plus. C'est alors devenu une affaire personnelle car mon responsable n'a pas compris pourquoi il m'en avait parlé et pas à lui. Il était visiblement jaloux et avait le besoin que toute remarque transite par lui (exceptés les miennes) et a donc réglé ses comptes ensuite avec mon collègue avant que j'ai eu le temps de lui en parler ce qui m'a vallu le rejet de ce dernier qui avait peur d'avoir perdu la confiance durement acquise de mon responsable.Résultat je n'ai plus aucun soutien, mais visiblement ça a servi à souder les autres puisque ce collègue a réveilloné avec mon responsable. Ils sont donc passé du stade de collègues à amis grace à cette histoire et moi je me suis retrouvé isolé.

10.Posté par Retrouvé le 30/05/2009 01:03
Bonjour "perdu",
Ne te décourage pas, j'ai été dans ton cas, j'ai perdu mon travail comme cadre de direction il y a un an et maintenant, je ne le regrette pas.
En faisant un point sur moi-même et mes propres comportements, j'ai fini par mettre un nom sur ce qui m'arivait depuis des dizaines d'années. J'ai un TDA (adulte). Je n'en dirai pas plus, pour laisser les personnes qui en ont la curiosité, aller voir sur un moteur de recherche les témoignages et très nombreux sites qui s'y rapportent.
Vous voudrez bien m'excuser si je sors un peu du sujet principal.

11.Posté par Gribouille le 30/05/2009 09:48
Pas fréquent un ... cadre qui se remette en question. J'aimerais bien savoir le "nom" que vous avez mis sur ce qui vous "arrivait depuis des dizaines d'années"..., vos "propres comportements", enfin : si vous auriez l'"honnêteté" de l'énoncer. Ce serait très éclairant pour les personnes, et en particulier pour ceux et celles qui ont subi tant de non-dits et de mises au placard... Votre "mise au point sur vous-même" également. C'est toujours intéressant de se rendre compte comment cela fonctionne dans les sociétés : les boss qui donnent des "ordres" à leurs cadres pour que tous les employés baissent la tête... et se soumettent, sans aucun respect des personnes ni grande considération non plus. Les cadres qui acceptent un peu n'importe quoi, jusqu'au harcèlement comme je l'ai subi, du moment qu'ils conservent leur poste et soient gratifiés en retour... Pas d'état d'âme ni scrupules soit dit au passage.Mon mari les qualifient souvent de ... "chiens de garde". Désolée pour l'appellation un peu cinglante !
Vous ne faites peut-être pas partie de ceux-là, je n'accuse personne, mais c'est récurrent, en tout cas, et étonnant ce que les cadres sont prêts à faire...
Franchement, c'est un statut que je n'exercerai jamais dans ma vie, ou au moins, si c'est le cas, je n'accepterais jamais de manquer de respect à quiconque sous prétexte que le patron me l'a demandé. Plutôt refuser que de rentrer dans ce processus.
Sans rancune ?




12.Posté par Perdu le 30/05/2009 16:44
Bonjour,
ça ne m'apporte pas trop de réponse sur mon doute de harcélement mais ça me fait me poser des questions. J'ai feuilleté un peu le net pour le TDA, mais je voudrais savoirs quels étaient tes symptômes ce qui t'a fait t'en rendre compte comment le diagnostique a été posé. Pour ma part je suis en arrêt mais je n'arrive pas à m'entormir à des heures correctes et pourtant me réveil tôt avec un second sommeil derrière , je me retrouve au levé avec le lit sans dessus dessous( la couette fait un quart de tour au mini) je repousse tout, je n'ai de volonté pour rien, même les choses les plus simples...
Je tiens a signalé que moi aussi il y a longtemps j'ai été cadre et que perdu dans mon activité j'ai arrêté pour repartir de zéro.

13.Posté par traub le 30/05/2009 17:19

A PERDU.

Ils ont réussi par leur harcélement à vous détruire en partie.
Vous n'êtes pas coupable de quoi que ce soit.
Il ne faut pas que cela continue.
Aérez-vous, faites de la marche etc...

Vous êtes encore en poste et en arrêt. Je vous vois mal retravailler dans cette entreprise. De plus il est probable qu'on va trouver un prétexte (c'est très facile) pour vous licencier, j'en ai fait la triste expèrience.
Essayez une transaction (voyez si la nouvelle procédure de transaction vous agrée: elle vous permets d'avoir de l'argent et les Assedic).
Si possible essayez d'obtenir le financement d'un outplacement, psychologiquement c'est très utile.

Auparavant souscrivez d'urgence à une assistance juridique auprés de votre assurance. En cas de procédure à engager cela vous apporte un soutien financier et psychologique indispensables.

Vous ne parlez pas de votre entourage proche et moins proche.
A part un ami (ou plus) très proche, n'espérez pas qu'ils vous comprennent.
Ceux qui n'ont pas vécu la disgrâce et le harcèlement ne peuvent pas comprendre.

14.Posté par Perdu le 30/05/2009 22:25
Merci pour votre réponse, je sors un peu j'essaie de voir du monde, de trouver de nouvelles pistes... A la limite un licenciement m'arrangerait car je ne compte pas démissionner. De quelle gente de transaction parlez vous? Je sais qu'en cas de licenciement j'ai droit à des indemnités et les congés payés non pris, mais les Assedic ne sont versé qu'à partir du moment où cette somme considérée comme salaire est épuisée me semble t'il.
Il y a beaucoup de gens qui me comprennent, mais le souci est que je sais pertinemment que mon discours est biaisé et forcément subjectif car orienté dans mon sens. Je ne sais pas objectivement quelle est la part de réalité.

15.Posté par Gava le 31/05/2009 00:12
Bonjour,

Dans la plupart des cas, je crois que la seule solution pour s'en sortir est de quitter le milieu hostile dans lequel on se trouve... avant d'y laisser sa peau. Je vous renvoie à Henri Laborit, théoricien des comportements humains et auteur de "Eloge de la fuite", qui estimait que, sous l'emprise d'une situation stressante, on peut réagir de 3 façons : par l'agressivité, le repli sur soi ou la fuite. La fuite me semble être la meilleure option quand on se trouve ferré dans une situation de harcèlement. Prendre la fuite, oui, mais pas à n'importe quel prix, me direz-vous ! La démission est à bannir. Quant à la transaction, il faut se sentir suffisamment fort pour affronter une négociation. L'aide d'un juriste est alors utile pour envisager différentes options possibles : rupture du contrat aux torts de l'employeur, résiliation judiciaire du contrat de travail, et plus récemment, rupture à l'amiable du contrat de travail, qui donne droit aux allocations chômage. Envisager un congé sabbatique, si cela est matériellement possible, est une autre solution à étudier, car cela peut permettre de se soustraire de son milieu hostile (et de rechercher un autre emploi pendant cette période) ou encore, demander sa mutation dans un autre service de l'entreprise, si l'on se sent le courage de rester...
Partir est souvent, malheureusement, la solution la plus salutaire, car le harcèlement peut laisser des séquelles pendant des années... Cela, je l'ai constaté dans l'enquête qui m'a permis d'écrire mon livre "Harcèlement moral, comment s'en sortir". Des années après, certaines victimes que j'ai interviewées n'avaient pas retrouvé confiance en elles, n'arrivant même plus à rechercher du travail ; d'autres ont plongé dans la dépression, d'autres encore ont essayé de mettre fin à leurs jours. Certaines y sont parvenues, ne parvenant pas à "digérer" leur trop plein de souffrance...
Dans tous les cas, il est essentiel de conserver (ou retrouver) la confiance et l'estime de soi. Ces atouts sont en effet indispensables pour ne pas reproduire à l'avenir, le même scénario, dans d'autres entreprises, avec d'autres "bourreaux". L'important est de refuser l'humiliation et de se dire qu'aucun travail ne mérite d'y laisser sa peau ! J'espère que ces quelques phrases vous encourageront dans votre cheminement vers la sérénité.
Je livre enfin à vos réflexions cette citation anonyme du XIII e siècle : "Fort est celui qui abat, plus fort est celui qui se relève."
http://www.placedelamediation.com

16.Posté par traub le 31/05/2009 11:24

Je viens en appui de Gava dont j'ai lu le livre avec intérêt.

Ayant moi-même subi un harcélement moral de 6 mois très dur, auquel j'ai résisté de toutes mes forces sans pouvoir empêcher mon licenciement pour motif futile car ils n'avaient pas pu m'abattre (je passe en Cassation en septembre après 4 ans et 1/2 d'une procédure usante elle aussi), j'en tire les conclusions suivantes:

- ne laissez pas ce harcélement se poursuivre. J'ai mis 1 an et 1/2 à m'en remettre et à être capable de rechercher efficacementdu travail à 57 ans!
Je ne me sentais pourtant aucunement coupable et n'avais absolument pas perdu confiance en moi, mais j'étais lessivé moralement.

- Proposez une transaction qui vous permettra de partir avec de l'argent et vos Assedic.
Ne démissionnez surtout pas et n'acceptez aucune transaction qui vous prive de vos Assedic.
Prenez conseil auprès de votre représentation syndicale et demandez leur leur assistance.
Je suis souvent réservé sur leur efficacité, mais ils connaissent le droit du travail. Dans mon cas c'étaient les élus cadres CGC, les mêmes qui me harcelaient! J'étais piégé sans la moindre chance.

Bonne chance, et lancez vos dernières forces dans cette bataille.
Vous ne le regretterez pas.

17.Posté par Gribouille le 31/05/2009 14:53
J'ai été très touchée des retours divers qui ont été donnés à Perdu et j'ai pareillement envie de vous soutenir.
Je tiens à m'excuser ici d'avoir dévié du sujet principal de votre besoin d'être aidé et soutenu.
Juste une chose à vous dire, si cela peut apporter aussi une solution, c'est qu'il existe également une possibilité radicale et pour le moins expéditive dans le cas de votre harcèlement, c'est de prendre rendez-vous avec votre médecine du travail pour lui exposer ce que vous vivez dans votre entreprise. Si le médecin estime que votre état de santé est tel que vous ne pouvez pas reprendre votre travail dans des conditions normales, elle peut vous licencier pour "inaptitude" sur le champ. Je le sais puisque c'est ainsi que j'ai quitté ma société dans l'heure qui a suivi la notification apportée à mon employeur. Ne pouvant rester une minute de plus, je ne vous dis pas combien cela a été un soulagement ! Ça n'a aucune répercussion sur vos jobs à venir car c'est un licenciement pour cause de harcèlement en relation directe avec cette entreprise.
Il y aura ensuite la lettre de licenciement et une proposition (c'est légal) de réintégration à un autre poste de travail, mais le médecin indique dans sa lettre qu'il écrit au patron qu'"aucune demande de réintégration n'est possible au sein de la société" (quelque chose comme ça).
Peu de gens le savent, car c'est un "droit" qui est conféré à la médecine du travail quand votre santé mentale en dépend...
Voici un site qui comprend beaucoup d'informations à ce sujet :
http://www.planet.fr/anim/harcelement-moral-au-travail-comment-lutter.18246.3.fr.html / Journaliste : Cécile Martin

dont la médecine du travail :
Se confier au médecin du travail
Si votre état de santé (physique ou moral) se dégrade en raison d’actes de harcèlement, vous pouvez en parler librement à votre médecin du travail. Votre visite médicale obligatoire peut en être l’occasion. Il faut savoir que ce médecin est tenu à la confidentialité. Il peut vous orienter vers une consultation spécialisée de souffrance psychique au travail. Il est également habilité à proposer des mesures individuelles, telles que mutations ou transformations de postes, justifiées par des considérations relatives notamment à votre âge, votre résistance physique ou votre état de santé physique et mentale. L’employeur est tenu de prendre en considération ces propositions et, en cas de refus, de faire connaître les motifs de son opposition.

Mais il n'est pas nécessaire d'attendre cette visite annuelle pour prendre un rendez-vous. Consulter le tél. de votre médecin du travail de la ville dont la société dépend (google et autres moteurs de recherche).

Un dernier conseil : ne baissez surtout pas les bras, il y a des choses à faire ! Personnellement, j'ai eu recours à un avocat et, contrairement à ce que l'on peut penser, il y en a qui permettent d'échelonner leurs honoraires.

Comme le disent des personnes plus haut, oui il n'y a pas de solutions à mon sens autres que la "fuite"... Quand la situation est telle que l'on se sent plutôt poussé vers la porte, il faut agir le plus rapidement possible pour ne pas accroître le "malaise" et les difficultés psychologiques qui s'ensuivent, signes que le harcèlement a malheureusement porté ses fruits. J'ai eu heureusement le soutien de mon mari qui m'a aidé, à chaque fois qu'un harcèlement avait eu lieu, à écrire à la société pour l'en informer, car le patron est complètement responsable de ce qui se passe et est tenu de ramener une situation normale dans sa société. S'il ne le fait pas ou ne répond pas à vos "accusations", il est coupable !
Bien amicalement.

18.Posté par Perdu le 31/05/2009 16:11
Merci de vos conseils.
J'avoue ne pas me sentir prêt à lancer la moindre procédure tellement je doute de moi et tellement j'ai peur d'être subjectif. J'ai peur qu'une action en justice soit longue, fastidieuse et me soit un frein supplémentaire vis à vis d'un éventuel futur employeur.
J'ai déjà rencontré mon médecin du travail qui s'est montré surpris de mes dires mais n'as pu que constater mon état de burn out. il ne m'a cependant proposé aucun recours sinon de le tenir au courant de la suite que je comptais donner à ma situation...
Vous avez eu le soutien de votre mari, d'autre ont le courrage ou les armes pour affronter ce genre de situation, pour ma part, je n'ai rien de tout ça, je m'y connais trop peu pour entrevoir les "limites". Bref, je suis dans le "je laisse tomber et j'attends de voir". Cependant je ne pourrais pas prolonger mon arrêt maldie indéfiniment car il y a une réévaluation au niveau de la caisse d'assurance maladie pour les indemnités journalière et je ne sais pas à quoi je m'expose. Je ne peux me permettre de gagner encore moins (je n'ai pas les moyens d'engager un avocat même en échelonnant les paiements) et je risque de devoir faire une demande de mi temps thérapeutique ce qui me terrifie car celà implique de revenir auprès de ma source de stress... Je fuirais bien mais la fuite n'es pas facile pour tous... Et effectivement je baisse les bras je crois... Le pire dans tout ça c'est que j'aime mon travail, mais que peu de société le propose (très peu) et donc je voilà pourquoi je dois me réorienter. C'est effrayant

19.Posté par Gribouille le 31/05/2009 17:54
Je suis abasourdie de ce que vous dites. Etonnée du peu de prise en compte de votre médecin du travail et, tout ce que je peux trouver à vous dire là, c'est informer votre patron des remarques désobligeantes qui vous ont été faites de la part de la hiérarchie. Normalement, s'il sait lire entre les lignes... tout pourrait, mais surtout devrait, rentrer dans l'ordre. Ce n'est jamais agréable pour le patron de recevoir ce genre de lettres, et ils vont vous laisser tranquilles. Mais vous, vous vous devez de lui écrire. C'est tout ce que je vois en attendant. Vous pouvez lui écrire pendant que vous êtes arrêté. Ça devrait tout stopper, et en particulier ces manœuvres de déstabilisation. Si tel n'est pas le cas, je vous invite à aller revoir votre médecin du travail : c'est son rôle aussi de préserver l'état de santé des employés.
Je ne sais pas ce qu'en pensent les autres ?

20.Posté par traub le 06/06/2009 20:18

A PERDU.

Je suis surpris de votre si mauvais moral qui fait que vous ne lisez et n'écoutez rien.
Vous avez encore du travail il me semble.
Je vous suggère de souscrire à une assistance juridique auprès de votre assurance, et vous écrivez, "je n'ai pas les moyens d'engager un avocat même en échelonnant les paiements".
Manifestement vous ne lisez pas ce qu'on vous écrit.

Réagissez et secouez-vous.
Moi j'ai été fichu dehors à 56 ans, un très mauvais âge, et en 1 heure chrono.
Je suis toujours en procédure, j'ai trouvé des missions, donc je m'en suis sorti.
BOUGEZ- VOUS.
Il y a beaucoup plus grave que votre sort, rendez-vous s'en compte

Un dernier point, la moindre des choses est que vous remerciez ceux qui ont essayé de vous assister.

21.Posté par Perdu le 06/06/2009 20:54
A traub
Je ne souhaite pas que celà tourne au réglement de compte. Mais je réponds au fur et à mesure des messages et donc aux personnes qui écrivent. Prennez vous-même la peine de lire et vous verrez en entrée de message 9, 14 et 18 que je remercie les participants à cette discussions. Concernant l'assistance juridique j'ai signalé dans le message 7 que j'en avait une, je disait simplement que je n'avais pas les moyens de me payer un avocat dans le message 18 en réponse à Gribouille qui me parlait des frais d'avocat dans le message 17. Je crois donc que votre saute d'humeur et votre remarque sont infondées.
J'ai parlé de cet article à mon médecin traitant qui m'a avoué avoir subit il y a longtemps du harcélement mais avoir été dans la même situation que moi à se demander si c'était réel ou de la parano et que même maintenant elle n'avait toujours pas la réponse.
Vous savez traub, peut être qu'en lisant un peu mieux vous auriez compris ma fragilité. Peut être vous seriez vous renseigné sur le burn out (message 7) avant de vous emporter contre mon moral. Certaines personnes ne comprennent pas les difficultés qu'on d'autres personnes à réagir, à rebondir... Je suis dépressif et fragilisé par cet situation. Je cherche à m'en sortir mais je suis tous les jours assailli de questions. Je sais pertinemment qu'il y a bien plus grave, que d'autres souffrent beaucoup plus... Le but n'est pas de comparer son malheur aux autres, même si celà permet parfois de relativiser un peu en tous cas ça ne résout rien. Je ne sais pas si vous avez la moindre idée de ce qu'est un état dépressif sur lequel vient s'ajouter un burn out. L'impression constante de ne servir à rien, d'être inutile, d'être une coquille vide sans force sans volonté. A se poser constamment la question de savoir ce que l'on fait sur cette terre, a quoi on serrt, à qui on apporte quelque chose. A s'accrocher à la moindre petite chose (en l'occurence mes parents pour moi) pour ne pas mettre un terme à tout ça. Et puis avec le temps, en ayant trouvé la force de vaincre un peu de ces idées noires, avoir envie de se bouger et ne pas en avoir la force, être à court de la moindre parcèle de volonté. Même aller voir des amis, les appeler, répondre au téléphone est un effort incroyable. Je commence à peine à retrouver mon réseau social, la force d'aller faire un peu de sport, de sortir et de reprendre les recherches d'emploi, de faire un bilan de compétance, de m'organiser pour être à peu près à jour dans tout ce que j'ai à faire.
Voilà je ne souhaite à personne d'avoir cet enfer dans sa tête et je comprends ceux à qui celà arrive. Je ne les accable pas en leur disant bougez vous!! Je sais que c'est ce qu'il faut faire mais je sais aussi qu'il y a des moment ou c'est impossible et qu'il y a des étapes à respecter.
Et pour tous ceux qui m'ont prodigués leur conseils et m'ont fait part de leur soutien, un grand merci. Je n'engagerai pas de poursuite car ma vision est trop subjective pour savoir si oui ou non il y a eu harcélement. Mais merci encore, cette discussion m'aide à réfléchir et probablement à avancer.

22.Posté par traub le 06/06/2009 22:08
C'est mieux, voilà une réponse positive.
L'assistance juridique vous paye les frais d'avocat.

Vous voyez, vous avez envie de vous bouger, alors bon courage.

23.Posté par Angélique le 24/07/2009 02:49
Je ne sais pas où vous en êtes perdu, mais contrairement à traub, je sais ce qu'est la dépression suite au harcèlement, chez moi c'est même ajouter la phobie sociale. je crois que gava est certainement la meilleure personne pour donner de conseils. Mais je reviens sur le fait "qu'il ne faut surtout pas donner sa démission" selon certain, personnellement après une X ème matinée de harcèlement j'ai donné ma démission , c'était juste après que j'ai renoncé à sauter par la fenêtre. Aujourd'hui je suis sûre d'avoir fait le bon choix , on ne doit pas mourir pour son boulot surtout quand il y a derrière un management pervers.
Pour moi, les faits datent de mai 2006, je suis en arrêt maladie, depuis que j'ai atteints la fin de mes droits Assedic il y a 3 mois, à 50 ans les échecs répétés suite à de bons entretiens pour des postes correspondant à mon profil
m'ont montré qu'il fallait d'abord prendre le temps pour retrouver ce qui faisait notre force avant. j'ai fait des tests psychotrucs sans conviction mais derrière le sentiment de ne plus avoir de valeur, les premières réponses que j'avais envie de choisir, ce sont celles de ce que j'étais avant. j'ai compris que cette grave blessure était comme un masque collant , mais que je suis toujours là derrière, avec toutes mes capacités. je n'ai pas de recette miracle, un bon psychothérapeute, un traitement pour la dépression, et ne pas croire que tes anciens collègues et amis , t'aideront, peut être que certain auront honte en secret mais ce sera surement le mieux qu'ils feront. Si le médecin du travail peut t'aider, essaie, moi je n'y peut être pas assez cru, j'ai dénoncé le fonctionnement de mon pdg, qui utilisait le harcèlement comme une règle de bas du management, en prévenant que quelqu'un allait être menacé... en fait c'était moi...
Passer un an où plus pour s’en sortir ça parait long, mais écrire sur un forum c’est déjà se battre, alors continue. on a chacun une situation différente, face à une injustice où les règles sont du coté de ceux qui détruisent, il faut trouver sa propre réponse, si elle n’est pas juridique elle peut être symbolique, ce forum fait parti de ces symboles : d’autres savent, d’autres souffrent, d’autres se battent. Surtout ne doute pas que tu as ta place dans cette société, et que tu finiras par retrouver là où tu y sera bien.

24.Posté par traub le 24/07/2009 08:15

Angélique,

J'ai moi aussi connu la dépression, mais heureusement ma femme m'a beaucoup soutenu.
Rappel: 6 mois de harcélement moral intense par 4 personnes, finissant par un licenciement en moins d'une heure chrono en mars 2005.
Ensuite préparation du dossier pour les Prud'hommes (procédure en Cassation après 4 ans et 1/2 de lutte).
2 ans, après de 1ères vaines tentatives (pas prêt), pour recommencer à chercher du travail.
Une mission de 4 mois à 1100 km de chez moi en 2008.
Retraite en mai 2009 et enfin 1 an de contrat de travail depuis début juillet.

Il faut toujours y croire et ne pas compter sur les autres.

Perdu n'est pas plus à plaindre que nous et doit se battre. Son problème: elle est seule.

Courage.

25.Posté par Perdu le 24/07/2009 12:47
"il" SVP....
Merci Angélique. Chez moi aussi le management est un peu pressant. Toujours en arrêt j'ai droit à des pression parce que mon arrêt est gênant et on me demande des comptes ce qui va contre les lois sur le secret médical et le respect de la personne malade.

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