Jamais la
Semaine pour l'Emploi des Personnes Handicapées, créée il y a 12 ans par l'
Adapt, n'a déclenché une telle marée d'annonces et d'actions. Collectives ou spécifiques à une entreprise ou organisation, les actions en faveur de l'emploi des handicapés dénotent une effervescence inhabituelle.
Première raison indubitable : la loi de 2005 (voir notre
dossier 2007 commence à produire ses effets : les "contributions" que devront verser les entreprises réfractaires seront de plus en plus élevées, surtout à partir de 2010 (1500 fois le smic horaire).
Deuxième raison, un peu moins visible, la montée au créneau de l'employeur public, qui jusque là "
était assujetti à l'obligation d'emploi mais pas à la contribution. Depuis la loi de 2005, il doit désormais contribuer au fonds public qu'est le FIPHP", explique Najiba Fradin, Directrice adjointe de l'Agefiph, organisme chargé de collecter et gérer ces fameux fonds de "contribution".
Bonne nouvelle enfin, mais qui reste à confirmer : les premiers éléments d'enquête de l'Agefiph à mi-2008 sembleraient indiquer que les employeurs se sentent davantage concernés par le sujet. Une tendance d'autant plus intéressante que les réticences ne manquent pas, tant à la tête des organisations qu'à leur base : outre le fait que leur poste de travail doit souvent être aménagé, l'intégration des personnes handicapées se heurte aux résistances nombreuses des collègues et managers au sein des équipes.
Tout irait bien donc, si la crise n'avait pas pointé son nez. Les demandeurs d'emploi handicapés en pâtissent en premier lieu. Car ils souffrent toujours et encore de l'inadéquation de leurs profils aux besoins des entreprises. Pour couronner le tout, l'Etat a annoncé récemment son intention de ponctionner 50 millions d'euros ... sur le budget formation de l'Agefiph.
Une ponction qui s'avèrerait d'autant plus pénalisante que la formation constitue plus que jamais le maître mot de l'intégration des personnes handicapées sur le marché de l'emploi. Est-ce à dire que Handicap rime avec mauvaise formation ? Oui et non. Oui, car les personnes handicapées à la naissance ou en début de vie n'ont pas bénéficié des régimes scolaires communs. Une ségrégation enfin corrigée par la loi de 2005.
Mais aussi, le constat est plus complexe à énoncer, parce que les personnes frappées par la maladie et l'accident en cours de vie sont celles qui sont les moins bien protégées. Employés et ouvriers, hommes et femmes, dotés de faibles moyens, sont moins bien soignés, roulent dans des véhicules plus dangereux ... et sont donc plus sensibles aux aléas de la vie.
Aléas qui, rappelons-le, peuvent indifféremment toucher chacun d'entre nous !
Adapt : Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées
FIPHFP : Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique
Agefiph : Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées
L’Agefiph collecte les contributions financières des entreprises de 20 salariés et plus qui s’acquittent par ce moyen, en tout ou partie, de leur obligation d’employer des travailleurs handicapés. Les sommes ainsi collectées sont utilisées pour favoriser toutes les formes d’insertion professionnelle des travailleurs handicapés en milieu ordinaire de travail.