Chaque année ou presque, le marronnier du « développement de l’apprentissage » revient. En 2010, MM. Proglio et Wauquiez espèrent développer péniblement l’apprentissage, en partie grâce à de nouvelles, coûteuses et inefficaces exonérations de charges…
L’apprentissage ne pourra être développé dans le supérieur sans une réforme profonde du stage, véritable concurrence déloyale à l’emploi et l’apprentissage. Les chiffres sont éloquents : on compte 1,2 million de stagiaires dans le supérieur, contre… 74.000 apprentis. Cette régulation passe nécessairement par une intégration au droit du travail. Aujourd’hui les apprentis sont en concurrence directe avec les stagiaires. Concurrence déloyale car contrairement aux apprentis qui ont un vrai contrat de travail et la protection sociale qui va avec, les stagiaires en sont démunis, ce qui constitue un dumping social alléchant pour les employeurs.
Autre problème, les établissements d’enseignement peuvent être collecteurs de taxe d’apprentissage sans fournir aucune garantie sur leur offre d’apprentissage en terme quantitatif et qualitatif. Certains établissements utilisent donc le terme alternance dans leurs campagnes de communication mais n’offrent pourtant ni possibilité de contrat d’apprentissage, ni de contrat de professionnalisation. Il s’agit en fait d’une offre de stages longs avec un calendrier de formation qui alterne période en école et période en entreprise[1]. « En somme, le goût et la saveur de l’alternance, mais pas les avantages » résume Yannick de Génération-Précaire.
Cette « publicité mensongère » est surtout une une atteinte directe au développement de l’apprentissage et à l’insertion des jeunes dans le monde du travail.