En tout cas, le résultat de cette Star Ac’ camerounaise ne se fait pas attendre. C’est Otto le plus beau. Mais pour combien de temps ? Dès le premier match, le Cameroun se fait étriller par l’Egypte (4-2) Joseph- Antoine Bell, mythique ex-goal des Lions, mais aussi de Marseille, de Bordeaux et de Saint- Etienne de 1983 à 1994, ne décolère pas. Il avait prévenu. Il ne croit pas à un Cameroun « sorti du chapeau d’un prestidigitateur ».
Quatre participations au Mondial, un titre de champion olympique en 2000, quatre Coupes d’Afrique à leur palmarès… Et pourtant, ces Lions 2008, malgré Eto’o le Barcelonais, Joseph-Désiré Job le Niçois ou Geremi, le joueur de Newcastle, ont l’air un peu enrhumés. Oui, mais magie du football et magie de l’Afrique réunis, (ou bien effet tardif de la rigueur allemande), ils ne font qu’une bouchée de la Zambie (5-1) puis du Soudan (3-0). Premier objectif atteint par Pfister. Son équipe jouera les quarts de finale.
Ce qui n'est pas le cas de Jean-François Jodar, le sélectionneur français du Mali. Son équipe a été éliminée, de même que le Maroc d’Henri Michel. Même chose pour Henri Kasperczak (Sénégal), qui a démissionné après la défaite contre l’Angola. Gérard Gili, coach des Ivoiriens (et de Didier Drogba), Claude Le Roy (Ghana) ainsi que Berti Vogts, allemand comme Pfister et chargé des Aigles Nigerians, ont eu plus de réussite. Sans oublier Roger Lemaire, entraineur- adjoint des Bleus champions du Monde en 98, vainqueur du championnat d’Europe en 2000, et complètement laminé en Corée deux ans plus tard. Monsieur Roger s’est refait une santé et une réputation en Tunisie. Cette semaine, son équipe disputait la première place de son groupe à l’Angola.
En fonction depuis 2002, Lemerre illustrerait-il le proverbe africain qui dit : « C’est en essayant encore et encore que le singe apprend à bondir » ? Ses collègues, eux, semblent confirmer celui qui prétend : « Une pirogue n’est jamais trop grande pour chavirer». Et en tout cas, la valse des entraîneurs n’est pas une spécialité camerounaise. Une grande partie des pays participant à la CAN font une grosse consommation de coachs étrangers, tandis que leurs meilleurs joueurs, de Didier Drogba à Samuel Eto’o en passant par Tony Silva ou Habib Beye « s’exportent » en Angleterre, en Espagne ou en France. Explication probable (mais tout autre serait bienvenue...): les fédérations africaines ont des moyens confortables, alors que les clubs locaux vivent sur une autre planète que Chelsea, le Barça ou l’OL. La fin de cette chasse aux talents à deux vitesses n’est donc pas pour demain.