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Et si vous écriviez le roman de votre vie professionnelle ?

Vous voulez prendre un peu de distance avec votre travail ? Vous avez du mal à tourner la page après un coup dur ? Vous avez envie d’imaginer une entreprise où il fait bon travailler ? Ecrivez ! Les mots ouvrent les portes de la créativité et ont une vertu thérapeutique indéniable. Ils libèrent les émotions et aident à relativiser. Alors, à vos claviers !



Et si vous écriviez le roman de votre vie professionnelle ?
Le travail constitue une grande partie de notre identité. De ce fait, on peut ressentir le besoin de le raconter, de se raconter, au travers de ses joies ou de ses peines. Laisser libre cours à ses pensées, coucher les mots sur le papier : voilà un bon moyen de mieux vivre son rapport au travail et à son entreprise. Voici quelques-unes des vertus de l’écriture…

Prendre de la distance

En écrivant, on crée une distance avec son état. On est ainsi moins pris dans la spirale des émotions, ce qui aide à dédramatiser. Ainsi, d’acteur, devenons-nous spectateur.  Faites-en l’expérience. Amusez-vous à décrire tout ce que vous observez au bureau : les jeux d’alliance, le style de management caporaliste de votre supérieur, l’évolution des rapports de force, les petites piques mesquines de vos collègues, les non-dits ravageurs…  Sur le papier, les personnages et les situations vous paraîtront plus cocasses.

En prenant du champ, il est ainsi plus aisé de relativiser ce que l’on vit. C’est un réflexe d’auto-protection pour ne pas se laisser déstabiliser. Une méthode anti-stress qu’a adoptée Théodor Limann, auteur de « Mort de peur, la vie de bureau » (Les empêcheurs de penser en rond/ Seuil), en lice pour le premier Prix du roman d’entreprise, en 2009. Cet X-Ponts de 34 ans, cadre supérieur à la Direction financière d’une entreprise cotée en bourse, a décrit avec cynisme les travers de la vie de bureau. « Je préfère avoir des contradictions plutôt que d’être un salaud cohérent, bien dans le système !  C’est à titre individuel qu’il reste une petite marge de manœuvre », avait-il déclaré à l’occasion de la parution de son livre, dans une interview au magazine Liaisons sociales. L’écriture est donc une façon non-conformiste de ne pas se laisser broyer par le système !
 


Libérer ses émotions


Après un licenciement, un conflit ou un départ précipité de l’entreprise, on ressent souvent des sentiments contradictoires : nostalgie, culpabilisation, regrets,  colère, haine, voire désir de vengeance … Cette réaction est normale et même souhaitable.

Des études ont en effet montré que les individus qui nient leurs émotions négatives sont beaucoup plus vulnérables aux risques cardiaques. Mieux vaut donc ne pas refouler ce magma d’émotions, au risque de les voir ressurgir avec leur cortège de troubles psychiques : somatisation, démotivation, apathie,  insomnie, hyperactivité, dépression, idées noires…

Comment purger cette tension intérieure ? Tout simplement, en exprimant ce que l’on ressent au plus profond de soi. Nos émotions étant ancrées dans le cerveau limbique, siège des pulsions, accepter de les sentir, puis de les nommer, en activant l’autre partie rationnelle du cerveau (le cortex) suffit parfois à se libérer.

Le temps de la plainte est nécessaire, mais il ne doit pas s’éterniser. Pour accélérer ce processus émotionnel,  rien de tel que de « vider son sac » sur une page blanche. Ecrire ses états d’âme et son vécu est un excellent  exécutoire !
 
 

Tourner la page


Digérer un événement professionnel déplaisant peut prendre du temps. Qu’importe. L’essentiel est de bien boucler la relation à son entreprise. Cela vaut en amour comme pour le travail ! Cette nécessité est la base de la théorie de la Gestalt ; une méthode de psychothérapie existentielle élaborée dans les années cinquante par le psychanalyste allemand Fritz Perls.

Pour ce théoricien, la phase dite de post-contact (la rupture) est en effet aussi importante que celle du pré-contact (l’intégration) et du contact (les échanges quotidiens). Ecrire un roman peut aider à boucler la relation à son entreprise. Une fois immortalisés sur le papier, les souvenirs ne polluent plus l’esprit ! « L’écriture est souvent plus efficace qu’une psychothérapie, estime le coach Pascal Vancutsem, fondateur du cabinet Coaching et Performance. L’exercice suppose en effet de clarifier et de structurer son vécu ; c’est une étape puissante pour accepter un événement et tourner la page. »
 


07/04/2010






1.Posté par Florence le 22/04/2010 21:08
Complètement d'accord avec cette analyse !

Bien secouée par mes premières années d'humanitaire, j'ai choisi d'extérioriser tout ça sous la forme d'un roman (étape "libérer ses émotions"). Cela m'a fait beaucoup de bien. Cela m'a même redonné l'envie de partir (étape "tourner la page"). Ce que j'ai refait quelques années plus tard. Mission qui m'a amenée à publier, cette fois, un témoignage écrit à la première personne : "La face cachée des cocotiers - Mission humanitaire d'une famille en Sierra Leone".

Aujourd'hui, 14 ans après mon premier départ, j'exerce - avec le plus grand plaisir - l'activité d'écrivain public biographe : étape "inventer de nouveaux scénarios" :-)

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