Dossier réalisé par Jobetic et Demactive
Près de 400 personnes, soit la quasi totalité de l’effectif, ont répondu à l’appel. Organisée en octobre dernier par une entreprise (qui préfère garder l’anonymat) une journée de sensibilisation au handicap dans l’emploi a largement mobilisé les salariés du site parisien. Au programme : une prestation théâtrale et la présence de plusieurs associations sur le lieu de travail. L’humour et l’interactivité ont sans aucun doute permis de véhiculer les messages et surtout de libérer les paroles, comme en a témoigné un salarié :
«Cela nous a tous fait réfléchir, on en a parlé à table et pendant tout le repas : qu’est-ce que tu en penses ? Comment je me positionne par rapport au handicap ?...»
La parole, le dialogue : les ressorts fondamentaux de l’insertion des personnes handicapées dans l’emploi font encore cruellement défaut dans la plupart des entreprises et organisations, publiques ou privées.
«Les personnes handicapées sont a priori considérées comme incompétentes», explique un spécialiste du sujet. Recruteurs, managers, collègues ... et personnes handicapées elles-mêmes, tous sont concernés par le syndrome. C’est pourquoi les entreprises dites volontaristes font appel à une panoplie de prestations externes pour animer le débat interne, et notamment des troupes de théâtre spécialisées comme Autre Théâtre, ou « jeux sérieux » comme Kapoupakap... qui organisent des temps ludiques de réflexion.
Et pourtant ...
«Un actif sur deux risque de devenir handicapé ! Il faut en finir avec le "valido centrisme"», s’exclamait Philippe Braconnier, Directeur de la Mission Handicap de
CAPGEMINI, lors d’une table ronde en septembre dernier. En effet, une enquête réalisée en 2002 révélait que
28% des salariés avaient 50 ans au moment de leur reconnaissance comme handicapé. Et ce pour des raisons diverses : l’aggravation de la santé avec l’âge ou l’acquisition de handicaps au cours de la vie privée ou professionnelle.
Le handicap est donc essentiellement une situation acquise au cours de la vie et non pas de naissance. Témoin les fameux troubles musculo squelettiques (TMS), qui constituent une forte proportion des handicaps acquis en situation professionnelle, à tel point que le gouvernement a mobilisé la médecine du travail sur le sujet.