La diversité, facteur clé de succès de l'entreprise est une évidence. Dans toutes les bouches et les statistiques, la diversité n'en reste pas moins un objectif lointain. C'est en tout cas l'impression émanant du colloque animé par Jobetic au Sénat fin avril. Extraits sonores...
"La diversité est un atout pour la France, une richesse pour notre pays", estime Christian Poncelet, Président du Sénat. Certes. Mais au-delà des grandes déclarations d'intentions, les résultats se font attendre sur le terrain. Seniors, minorités visibles, handicapés, femmes, etc... les avancées de la diversité en entreprise peinent à se concrétiser.
Pourtant, chacune y va de son plan : pour les handicapés, pour les seniors... Reste que ces débauches d'énergies et de chiffres laissent songeur : le malaise est toujours là. Et ce ne sont pas les poignées de jeunes issus des quartiers dits difficiles miraculeusement acceptés dans telle grande école qui changent profondément la donne.
Si les actions sont réelles et se diffusent dans le tissu économique, elles font beaucoup plus de bruit "médiatique" que d'effet réel. Un exemple ? "Nous avons fait des progrès en matière de recrutement de handicapés dans l'entreprise. Mais le plus difficile consiste à convaincre les équipes d'accepter ces personnes", racontait un responsable diversité d'une grande entreprise.
Il reste donc un long chemin à parcourir pour que tous les acteurs de l'entreprise se comportent de façon... normale, tout simplement !
En attendant, voici quelques extraits du colloque "Diversité et Performance"...
Comme toujours sur Jobetic, vos réactions sont bienvenues !
Bariza Khiari, sénatrice de Paris (PS)
Bariza Khiari
Le combat pour une France plus juste, plus forte car plus solidaire, est loin d'être gagné. La France pour être fidèle à ses valeurs doit privilégier la diversité des talents. Les processus de recrutement se sont diversifiés mais les postes à visibilité qu’ils soient des plus bas ou des plus hauts niveaux, ne sont pas aux couleurs de la France.
Patrick Karam, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer
Patrick Karam
La difficultés des minorités visibles est tout d’abord de franchir la porte de l’entreprise. La diversité n’est pas que sociale ou culturelle, elle concerne tous ceux qui ne rentre pas dans la « norme ». Les discriminations ne sont pas opérées seulement par les entreprises privées. Le secteur public lui aussi est concerné.
Hervé Morin, ministre de la Défense
Hervé Morin
Extrait 1 : Dans l’ensemble des classes prépas il doit y avoir un certain nombre d’enfants issu de tous les lycées de France. L’armée française est à l’image de la société française. Cependant, l’égalité des chances et la promotion sociale sont limitées en ce qui concerne les 10 grandes écoles de la Défense.
Extrait 2 : Un certain nombre de mesures vont être mises en place afin d’améliorer l’égalité des chances notamment :
- Une conventions avec des lycées situés dans des zones au niveau de vie modeste avec la création d’une année de post bac pour acquérir les codes et le niveau culturel nécessaire pour réussir sa prépa et ses études dans les grandes écoles.
- Chaque jeune sera tutoré par un étudiant d’une des grandes écoles militaires française.
- Faire en sorte que des militaires ou fonctionnaire du ministère de la Défense qui n’ont pas le niveau bac, puissent, grâce à des formations, avoir une carrière professionnelle à la hauteur de leurs motivations.
Thierry Sibieude, professeur à l’ESSEC, titulaire de la chaire d’entreprenariat social
Thierry Sibieude
La diversité et l’égalité des chances dans l’entreprise passent par la diversité et l’égalité des chances dans l’enseignement. Dans le supérieur, on constate une reproduction de l’élite sociale. Un programme "Pourquoi pas moi ?" a donc été mis en place afin de favoriser l’accès de l’enseignement supérieur aux minorités.
COMMENTAIRES : Nous vous rappelons que, conformément à la loi, tout propos injurieux, diffamatoire ou xénophobe vous expose à d'éventuelles poursuites judiciaires. L'anonymat n'empêche pas votre identification.
1. Posté par
fabien le 27/05/2008 22:37
Thierry Sibieude a tout à fait raison, la diversité dans l’entreprise implique une diversité dans l’enseignement. Une égalité des chances face à la sélection des élèves. En France aujourd’hui, les enfants d’origine magrébine ou noire africaine sont issus d’une immigration récente. Et, en général, ce n’est pas le résultat d’un brain-drain à l’américaine. Ce sont les pauvres des pays pauvres qui ont fuit leur pays et qui sont venu en France. Ce qui, vu la situation dans leurs pays d’origine, est aisément compréhensible.
Mais c'est un discours de principe qui est tenu ici. La réalité est que, massivement, les gens éduqués et riches ne veulent pas de "l'égalité des chances". L'égalité « mathématique » des chances, cela implique qu'un des fils de notre président va en cap de carrosserie. Et ça, il n’est pas d’accord. L’égalité des chances pour les riches signifie que leurs enfant ont toutes les chance de devenir des pauvres. Et ça, ils ne sont pas d’accord.
Le problème est relativement simple. Tous les parents veulent pour leurs enfants la meilleure situation possible. Les plus hautes études, menant aux salaires « garantis » les plus élevés. Sauf si on décide de jouer l’obtention des diplômes et l’orientation des élèves aux dés ; quelle que soit la façon de sélectionner les élèves, il y aura toujours moyen de biaiser. Je ne vais pas reprendre ici les démonstrations de Bourdieu dans « les héritiers ». Mais pour faire court, les parents riches ne veulent pas que leurs enfants deviennent pauvres et ils ont les moyens de faire que cela n’advienne pas. Le fils du président, fût-il un cancre ou un dealer, finira avec une bonne situation. Sans avoir besoin d’aller chercher aussi loin, les enfant des profs sont toujours bien orientés et bien aidés.
De façon générale, les places sont limitées. C’est bien là le fond du problème. Rien de changera le « numérus clausus » des différentes professions. Même si tout le monde réussit parfaitement ses études, il faudra toujours tant de balayeur, tant de médecins, tant d’os, tant d’avocats, tant de journalistes… C’est une donnée fondamentale du problème.
Amener un petit Mohamed au barreau de Paris par la discrimination positive va en déloger un petit Jean-Eude. A mon avis, il faut le faire. Parce qu’une représentation plus importante des minorités dans toutes les strates de la société permettra une meilleure intégration de ces minorités. Il n’y a qu’à voir l’effet que des femmes Comme Margaret Thatcher ou Angela Merkel ont eu sur l’opinion que l’on se fait des possibilités des femmes. Quoi qu’on pense de sa politique, depuis Thatcher, de moins en moins de gens se figurent qu’une femme ne peut pas assumer de responsabilités de direction. Pour cette raison, je pense qu’il est important de favoriser l’accès aux formations supérieures pour les minorités le temps qu’une certaine homéostasie s’installe.
En dehors des problèmes des minorités, le problème se pose pour l’ensemble de la population. La reproduction sociale est une constante dans toutes les sociétés développées. Les enfants restent la plupart du temps dans le milieu de leurs parents. Expliquer qu’il est possible de grimper dans l’échelle sociale est un mensonge bien pratique qui permet de faire passer la pilule des inégalités. Cela fait penser au loto finalement. Des millions de personnes qui se cotisent pour qu’une seule devienne riche.
Mais, quel est le vrai problème là dedans ? Que les enfants de pauvres deviennent pauvres au lieu d’avoir aussi des enfants de riches qui deviennent pauvres ? Ou c’est qu’il y ait des pauvres ? Qu’être en bas de l’échelle sociale soit un problème ?
Si l’échelle sociale commençait à 2500 euros par mois pour se terminer à 5000 euros par mois (ce qui est tout à fait possible), ce ne serait finalement pas si grave d’être en cas de cette échelle.
Le problème messieurs les défenseurs de l’égalité des chances, ce n’est pas qu’il ne soit statistiquement pas possible aux enfants de pauvres de devenir riches. C’est que les enfants de pauvres aient du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois.
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