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Job Info
Jeudi 3 Janvier 2008
Demain, tous embauchés grâce aux jeux ?L'entreprise, un conte de fées?
Pourtant, d’autres outils commencent déjà à émerger : les jeux pas sérieux. Autrement dit, les jeux purement ludiques qui n’ont d’autre objectif que le simple divertissement. « Tout l’enjeu est de savoir si des transferts d’attitudes, de connaissances et de compétences peuvent avoir lieu entre les univers virtuels et le monde réel », analyse Hélène Michel, directrice de recherche au sein de l’ESC Chambéry.
Pour les deux premières thématiques, elle s’est penchée sur Vacheland et Kochonland qui, comme leur nom l’indique, consistent à élever virtuellement une belle vache pour le premier et un gros cochon pour le second. A priori, sauf à véhiculer une image idéalisée de la campagne, ces deux jeux n’ont que de faibles capacités à transmettre des attitudes et des connaissances. En revanche, pour ce qui est des compétences sociales, l’univers virtuel World of Warcraft semble bien adapté… Question : ce vaste jeu, où évoluent des millions de monstres et de créatures étranges, peut-il servir à décrypter les capacités managériales des joueurs ? « Après tout, pour devenir chef de guilde dans World of Warcraft, il faut savoir gérer une équipe de 20 à 50 personnes, prendre en compte un important environnement stratégique, gérer son stress, son temps et travailler près de 35h par semaine, précise Hélène Michel. Par le jeu, beaucoup de choses peuvent se passer et notamment l’émergence de profils intéressants. » Et l’enseignant chercheur de citer le cas d’un joueur qui, après avoir fait mention de ces compétences virtuelles obtenues sur Ogame (jeu de stratégie dans l’espace) sur son CV, mais sans toutefois mentionner ce jeu, a obtenu un entretien et s’est fait embaucher. Une exception qui pourrait se généraliser ? Hélène Michel envisage en tout cas de décerner des VAE virtuels délivrés par l’ESC Chambéry au joueurs qui auront retenu leur attention. En fait, tous ces gens ont un point commun. Concours, recrutement, formation : dans tous les cas, l’objectif est de scénariser l’information. « Nous sommes tous soumis au quotidien à une multitude de sollicitations, continue Hélène Michel. Pour se démarquer, les entreprises cherchent donc à toucher les gens de façon différente. » A l’instar de la politique et des médias, l’univers de l’entreprise tend lui aussi à faire vibrer les cordes de l’affect, de l’émotionnel auprès des candidats (jeu concours et recrutement) comme des salariés (formation). Comme pour les techniques marketing du secteur des biens de consommation, « on ne parle plus du produit lui-même, mais de l’expérience qu’on en tire. » Et de conclure : « on scénarise tout, on raconte des histoires. Bref, on ré-enchante. » Faire de l’entreprise un conte de fées… Il fallait oser. Olivier James
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