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Jeudi 8 Février 2007

Créez votre entreprise !

Jamais la création d’entreprise n’a été aussi simple, accompagnée et favorisée. Création pure, reprise, franchise... Salariés et chômeurs n’ont que l’embarras du choix. Et les structures de soutien et de conseil ne manquent pas. Alors profitez-en, lancez-vous !



1 – Quelle formule choisir ?

Créez votre entreprise !
Première étape avant de créer son propre job : choisir la bonne formule. Voici les principales alternatives, dont le choix dépend de votre projet, votre tempérament et des moyens financiers dont vous disposez.

La création

Prêt pour le grand saut ? Créer une entreprise indépendante, seul ou avec des associés, est la formule la plus évidente, mais aussi celle qui demande le plus de compétences, de travail et de prise de risque. Vous maîtrisez tout de A à Z (juridique, financement, commercial, etc.) et vous encaissez tous les bénéfices ou pertes. Seules 51 % des entreprises créées ex nihilo existent toujours au bout de 5 ans (les autres ont fait faillite ou ont changé de statut). Mais courage ! Pour faire décoller ce taux moyen, il « suffit » d’accumuler de l’expérience, d’investir davantage au départ et de se faire conseiller. Sachez aussi que les sociétés (SARL, SA, SAS) sont plus robustes que les entreprises individuelles.

La reprise

Près de 41 000 affaires ont changé de main en 2005. D’ici 10 ans, 500 000 patrons prendront leur retraite, dont beaucoup n’ont pas de successeur. La reprise peut intervenir dans trois situations :
1) vous rachetez une affaire cédée par son propriétaire,
2) vous proposez un plan de sauvegarde lors d’un dépôt de bilan,
3) vous reprenez votre propre employeur en difficulté.
Avantage par rapport à la création : on part sur des bases existantes (matériel, main d’œuvre, clientèle, etc.). Ce qui permet de gagner du temps. La reprise convient mieux aux managers/développeurs qu’aux aventuriers/innovateurs. Elle demande aussi plus d’argent : la moitié des repreneurs investissent plus de 26 500 €. Les reprises résistent mieux que les créations : 60 % sont pérennes 5 ans après.

La franchise

Vous ne vous sentez pas prêt à faire le grand saut en solo ? Vous voulez appliquer des recettes qui marchent ? Vous voulez profiter de la notoriété d’une enseigne nationale ? Optez pour la franchise ! Près de 2 000 magasins franchisés ont été ouverts en 2005. Il existe 930 réseaux répartis dans tous les secteurs. L’apport demandé, plus élevé que pour un commerce indépendant, oscille entre moins de 5 000 € et plus de 150 000 € selon les enseignes.
Cadrée par la loi Doubin, la franchise est un contrat de collaboration entre deux entreprises indépendantes, celle du franchiseur et celle du franchisé. En échange d’un droit d’entrée et de royalties payés par le franchisé, le franchiseur met à sa disposition son concept, son savoir-faire et son assistance. Le franchisé perd en liberté ce qu’il gagne en sécurité : plus de 90 % sont encore en activité 5 ans après. Un taux de réussite record !

Le portage salarial
Le portage salarial est une solution simple pour effectuer des missions ponctuelles ou tester son idée, sans avoir besoin de créer son entreprise. Il y aurait 30 000 « portés » en France, principalement des consultants (prestations intellectuelles), mais aussi des professionnels divers (artistes, négociants, coiffeurs, etc.).
Comment ça marche ? Le porté trouve son client et réalise sa prestation, en bénéficiant du statut de salarié, car il est lié à la société de portage privée par un contrat de travail. C’est la société qui établit la facture et perçoit le paiement du client. Elle le reverse ensuite au porté, après avoir prélevé une commission (de 5 à 15 %) et payé les cotisations et charges sociales. Le porté ne touche donc en salaire net que 50 % environ de son CA.
Compte tenu du flou juridique qui entoure le portage, vérifiez que le « porteur » fait bien partie du SNEPS ou de la FeNPS.


2 – Comment se lancer ?

Mieux vaut lancer son entreprise lorsqu’on est encore salarié. Mais quelle que soit votre situation, entourez-vous de tous les conseils disponibles. Ils sont nombreux et souvent gratuits.

Surtout ne montez pas votre projet seul ! Les créateurs qui bénéficient d’un accompagnement ou de prestations de conseil (avocat, expert-comptable, notaire, consultant) ont 80 % de chances de voir leur boîte survivre au bout de 3 ans.
Première source d’infos gratuite : le site de l’APCE (Agence pour la création d’entreprises). Si vous connaissez un entrepreneur, sollicitez-le ! Ou faites appel aux grands réseaux d’aide à la création (Boutiques de gestion, CCI, France Initiative, ADIE, Réseau Entreprendre, etc.). Ils vous aideront gratuitement à monter votre projet. Certains réseaux proposent aussi des financements, des formations ou des parrainages par des entrepreneurs.

Entreprendre en étant salarié
C’est la solution la plus sûre, si votre projet n’exige pas trop de temps. Vous pouvez exercer une activité indépendante en plus de votre emploi salarié, à condition de ne pas concurrencer votre employeur et que votre travail n’en pâtisse pas (obligation de loyauté). Bon à savoir : la clause d’exclusivité, qui figure éventuellement dans le contrat de travail ne s’applique pas pendant un an à compter de l’immatriculation.
Si votre projet nécessite plus de temps et que vous avez suffisamment d’ancienneté, vous pouvez demander un temps partiel pour création d’entreprise, un congé création d’entreprise (1 an renouvelable une fois) ou un congé sabbatique (6 à 11 mois). Certaines grandes entreprises aident aussi leurs salariés à créer leur boîte : c’est l’essaimage.
Si vous démissionnez, attendez le dernier moment ! Vérifiez si votre contrat comporte une clause de non-concurrence. Et inscrivez-vous aussitôt à l’Assedic. Vous n’aurez pas droit au chômage, mais au bout de 4 mois, votre situation sera révisée et vous toucherez éventuellement une allocation.

Entreprendre en étant chômeur
Lorsqu’on est sans emploi, on n’est pas forcément dans les meilleures conditions psychologiques ou financières pour créer, mais on a du temps et on touche un revenu en attendant l’activité créée démarre. Tant que vous n’avez pas créé, vous percevrez normalement votre allocation chômage. Après l’immatriculation, vous pouvez continuer à la recevoir à condition de rester inscrit en tant que demandeur d’emploi et de tirer de votre activité moins de 70 % de votre salaire antérieur.
Autre option : demander l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise. L’Assedic vous verse alors la moitié des allocations qui vous restent à la date où vous débutez votre activité.
En tant que chômeur-créateur, vous avez droit à l’ACCRE (une exonération de charges sociales), aux chèques-conseil (pour payer les honoraires d’experts) et, pour les plus de 50 ans, au dispositif EDEN (une avance remboursable).

3 – Les créateurs à la loupe

Des hommes plutôt mûrs, mais aussi de plus en plus de femmes créent leur entreprise. Avec de petits moyens

Qui sont-ils ?
De plus en plus de Français créent leur entreprise : ils étaient 225 000 en 2005 (contre 178 000 en 2002). D’après l’INSEE, le créateur type est un homme (74 %), âgé de 30 à 49 ans (63 %), connaissant bien le secteur où il crée (60 %), peu diplômé (52 % ont au mieux un CAP ou un BEP) et actif (51 % sont salariés ou déjà patrons). Un entrepreneur sur trois est en recherche d’emploi. Il y a aussi de plus en plus de femmes, de seniors et de jeunes. Parmi les créateurs suivis par les Boutiques de gestion, on compte 35 % de femmes, 11 % de handicapés et 10 % de personnes issues des quartiers difficiles. Plus d’un tiers des créateurs démarrent avec moins de 4 000 € et ils sont moins d’un quart à investir plus de 16 000 €. Bref, tout le monde peut créer son entreprise !

Les motivations
Etre indépendant : sept créateurs sur dix souhaitent avoir plus de liberté (source : INSEE). Etre son propre patron, c’est gérer son temps à sa guise, procéder à sa façon, sans obéir aux ordres.
Créer son propre emploi : quand on est au chômage depuis trop longtemps ou qu’on subit des discriminations à l’embauche, la création aide à s’insérer dans le monde du travail.
Saisir une opportunité : certains ont eu l’idée du siècle, ont flairé une niche ou repéré un marché en or. Ils voulaient augmenter leurs revenus.
Relancer sa carrière : en créant, on peut se reconvertir plus facilement qu’en restant salarié.

Les qualités nécessaires
Il faut un moral d’acier, de la ténacité et de la confiance en soi pour défendre son projet et prendre rapidement ses décisions. Il faut savoir écouter et communiquer pour convaincre la terre entière (banquiers, fournisseurs, clients, etc.) et motiver ses troupes. Ajoutons une santé de fer et un soutien familial pour être capable de travailler au moins 10 heures par jour, souvent sans rémunération. Enfin, mieux vaut avoir de l’expérience, le sens du commerce et des connaissances en gestion.
Si vous ne vous reconnaissez pas totalement dans ce portrait idéal : pas de panique ! Vous pouvez pallier telle ou telle faiblesse en suivant une formation, en vous entourant des bonnes personnes (associés, salariés, conseils) ou en attendant un meilleur moment pour créer.

4 – Roland Farines, franchisé ChronoMicro à Anglet : Un créateur congénital

« A 31 ans, je crée ma deuxième entreprise ! »

« Je n’ai jamais été salarié ! Après avoir obtenu le DECF (Diplôme d’études comptables et financières), j’ai commencé par être courtier en vin indépendant. Je faisais l’intermédiaire entre les producteurs et les acheteurs industriels. Malheureusement, le marché du vin s’est effondré en France. J’ai alors décidé de changer d’activité. A 31 ans, je ne me sentais pas prêt à ouvrir un commerce tout seul. J’ai donc opté pour la franchise. Passionné d’informatique, j’ai choisi ChronoMicro, un réseau de dépannage et de vente de matériels informatiques. Ils m’ont paru les plus sérieux du marché. Ils m’ont formé à leur savoir-faire et m’ont aidé à monter mon dossier. Je suis leur plus jeune franchisé ! J’ai créé en juin 2006 une SARL au capital de 20 000 €, dont je suis gérant non salarié, avec mon épargne et un prêt bancaire. J’ai payé 20 000 € HT de droits d’entrée au franchiseur et je dois lui reverser 5 % de mon CA HT. J’ai aussi acheté du matériel informatique et loué un local bien placé sur la nationale 10. Les affaires tournent déjà bien : j’ai embauché un technicien expérimenté et j’ai plus d’entreprises clientes que prévu ! »




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Gabrielle Denis




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1.Posté par bouzit le 19/04/2009 23:41
trés bon .......... merci
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