En 2008, il n'y aura que 230.000 contrats aidés au lieu de 310.000 aujourd'hui, ce qui réprésente une baisse des aides de 300 millions d’euros. Ces contrats d'accompagnement et d'insertion ont pour objectif de favoriser l'entrée ou le retour dans le monde du travail des personnes en difficulté professionelle, en leur permettant de trouver plus facilement un emploi, grâce aux incitations à l'embauche attribuées à l'employeur, et/ou aux posibilités de formation et qualification qu'ils proposent.
Face à ces réductions des emplois aidés, différentes organisations (FNARS, SNC, EMMAUS-France, COORACE, CNEI, CNLRQ, CHANTIER ECOLE, RESEAU COCAGNE, CFDT) ont signé le 20 septembre une déclaration commune - avant la présentation mercredi prochain du projet de budget de l'Etat pour 2008 :
"Les choix fiscaux et budgétaires du gouvernement décidés cet été s’effectuent au détriment de la politique de solidarité pour les populations les plus éloignées de l’emploi. Un milliard d’euros manque dans le budget 2007 pour la lutte contre le chômage et l’exclusion. Le nombre de contrats aidés est réduit de 25% dès cette année, celui des postes en entreprise d’insertion est plafonné.
Le gouvernement justifie cette baisse des crédits par la situation de l’emploi en 2007. Or celle-ci est liée autant aux effets de la démographie, à la loi de 2006 de retour à l’emploi, à une légère reprise de l’emploi, comme aux contrats aidés. Le niveau de chômage de 5% est cependant loin d’être atteint.
A supposer une reprise effective et continue de l’emploi, rappelons qu’elle n’a profité dans les années précédentes que marginalement aux personnes en grande précarité ou victimes de discrimination. Avec plus de 4 millions d’actifs «sans emploi», le recul des moyens pour l’accompagnement des personnes vers l’emploi risque à nouveau d’accroître la pauvreté et l’exclusion, de fragiliser la cohésion sociale et le dynamisme économique du pays.
Cette réorientation intervient au moment où de nombreux acteurs de la lutte contre l’exclusion, de l’économie solidaire et la CFDT souhaitent rendre plus efficaces les contrats aidés par l’instauration d’un seul contrat d’insertion.
Nous craignons que la nouvelle politique du gouvernement ne sacrifie les personnes en difficulté et les jeunes peu qualifiés. Il n’est pas sûr que le revenu de solidarité active (RSA) dont la généralisation n’interviendra qu’en 2009 puisse compenser ce déficit de solidarité.
La lutte contre la pauvreté et l’exclusion nécessite une action structurelle continue et non conjoncturelle. La politique publique de solidarité pour l’emploi et ses résultats sont un investissement pour l’avenir et non une charge, à l’inverse d’une vision purement comptable. Les signataires demandent au gouvernement de revoir cette politique".