Est-ce la fin du flou français qui entoure le nombre réel des chômeurs ? Presque, si l’on en croit le rapport d’experts approuvé par Christine Lagarde ce lundi. Un rapport qui avait été commandé par le gouvernement pour répondre à la polémique sur la fiabilité des chiffres du chômage lancée en décembre dernier par le collectif de statisticiens, d’associations et de syndicats ACDC. Décision de la ministre de l’Economie : les chiffres publiés par l’Insee devraient, « dans les meilleurs délais » ne plus être publiés mensuellement mais trimestriellement. La raison principale ? Améliorer la fiabilité des résultats de l’enquête Emploi. Comment ? En doublant voire triplant l’échantillonnage des sondages de l’Insee. « Travailler avec 75.000 personnes (Ndlr : échantillon de l'Insee), c'est notoirement insuffisant », a reconnu Christine Lagarde lors d’une interview aux Echos.
La mission d’experts conseille également à l’Insee de s’aligner sur les critères du chômage selon la définition Eurostat qui diffère des normes du Bureau international du travail. Rappelons qu’au niveau européen - les chômeurs "apprécieront" la restriction - « pour être considéré comme sans travail, il ne faut avoir eu aucune activité d'au moins une heure au cours d'une semaine de référence » ! La variation du taux de chômage liée au passage à la définition Eurostat est estimée à -1 point par le collectif ACDC, qui parle à ce propos de « subtile embrouille » !
Conséquence de la publication trimestrielle des chiffres de l’Insee, ceux-ci seront séparés des données mensuelles de l’Anpe qui ne devraient plus servir que de suivi conjoncturel du marché de l’emploi. L’intérêt ? Ne plus mélanger chaque mois le taux de chômage Insee et le nombre de chômeurs ANPE, avec le manque de transparence et de cohérence qui en résultait.
Dans le même registre, le rapport préconise « qu’une réflexion soit engagée pour simplifier et refondre la typologie des catégories de Demandeur d’Emploi en Fin de Mois (DEFM) de l’Anpe », sachant que le gouvernement ne communiquait jusqu’à présent que sur la fameuse catégorie 1*. A titre d’exemple, et selon les experts de la mission gouvernementale, « compte tenu de cet alignement et des autres recommandations susceptibles d’être rapidement mises en œuvre, le taux de chômage BIT de France métropolitaine estimé par l’enquête emploi au deuxième trimestre 2007 serait d’environ 8,2% ». Et comme la France n’est pas que « métropolitaine », Christine Lagarde a également promis « l’intégration des demandeurs d'emploi d'outre-mer » (estimation + 0.5% selon ACDC).
De ce fait, selon ACDC, "l'équation devient alors simple, soit en ordre de grandeur :
- Correction liée au calage sur l'Enquête Emploi de l'Insse : environ +1%
- Variation liée au passage à la définition Eurostat : environ - 1%
- Variation liée à la prise en compte des DOM : environ + 0.5%.
Au bout du compte, les nouveaux chiffres ne devraient augmenter que de 0.5%...