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Job Info
Jeudi 24 Juillet 2008
Cadres: les 35 heures et les RTT dans les cordesLa manifestation du mercredi 23 juillet organisée à Paris n'y changera rien. Le soir même, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi sur "la rénovation de la démocratie sociale" et "la réforme du temps de travail". Principales conséquences pour les cadres: la remise en cause des 35 heures et la menace d'une réduction des jours de RTT...
Mercredi 23 juillet, place de l'Odéon, Jean-Claude, ingénieur informatique, fouille sa mémoire militante. « Je n’ai pas le souvenir d’une telle manif spécifique aux cadres. Mais c’est vrai, on n’est pas nombreux. » Ce jour-là, la CGE-CGC et l’UGIT-CGT, ont organisé un rassemblement parisien. Le but : mobiliser les cadres et protester contre l’amendement qui risque de signer entre autres, l’arrêt de mort de leurs RTT et l’accroissement de leur charge annuelle de travail.
Tout commence par une distribution de tracts et quelques slogans sur des pancartes : « Même les cadres tiennent aux 35 heures », « Equilibre vie professionnelle vie privée », « Il y a une vie après le travail » … Il y a quarante ans, en 1968, le même lieu était le théâtre d’affrontements verbaux et de formules bien plus révolutionnaires, sur fond de barricades et de centaines de milliers de personnes dans la rue. Aujourd’hui, ils sont quelques centaines, et les deux organisations, qui avaient prévu deux actions séparées dans le quartier, ont décidé de cohabiter sur la place. Pas de défilé, un simple rassemblement. Tranquilles, les forces de l’ordre se limitent à dix véhicules de la police parisienne, garés discrètement près du Sénat voisin. Les participants, en grande majorité des adhérents CGC ou CGT, avec une parité quasi parfaite homme- femmes, sont un peu déçus de ce début d’après-midi en petit comité, mais pas étonnés : « Il n’y a pas eu beaucoup de visibilité dans les médias. Et puis, on est en juillet, difficile de rassembler les foules. » Ce qui n’empêche pas Nadine, cadre CGC dans la métallurgie, de démolir le plan gouvernemental. « Ça ne créera pas un emploi. Comme les cadres vont travailler plus, on embauchera encore moins. Et on se sentira encore plus pressurés ». Côté CGT, on veut croire à une mobilisation à venir. « On a bien réussi à les faire plier sur le CPE, pourquoi pas la- dessus ? » François a son idée : « Là, on marque le coup. On verra à la rentrée. » Un retour au siècle dernier
Article publié le 10/07/08
Principaux bénéficiaires des 35 heures, les cadres pourraient bientôt pâtir de leur détricotage. C'est l'avis de la majorité des syndicats après l'adoption par les députés d'un amendement qui pourrait changer la vie de millions de salariés, et notamment les cadres. Mardi 8 juillet, lors de l'examen du projet de loi sur la réforme du temps de travail, l'UMP et le Nouveau Centre ont souhaité faire passer de 218 à 235 le seuil maximal de jours travaillés par an, sauf accord contraire conclu dans une entreprise ou une branche. Une différence de 17 jours qui fait dire à la CFE CGC que « le gouvernement renvoie les salariés concernés au siècle dernier »… Pour bien comprendre l'impact de cet amendement pour les salariés, la CFE-CGC, justement, a sorti la calculette. Résultat des courses: "cette limite correspond, en fait, à une année pleine (365 jours) à laquelle on retire les jours de congés (25), les samedis (52), les dimanches (52) et le 1er mai !" Autrement dit, le temps de travail quotidien n'est pas modifié pour les salariés qui bénéficient d'un tel forfait. Mais les cadres pourraient être amenés à faire une croix sur leurs jours de RTT et leurs congés. « Que deviennent dès lors les congés d’ancienneté et les autres jours fériés ?, s'interroge le syndicat. Ces salariés pouvant travailler jusqu’à 13 heures par jour, seront-il sollicités de 8 heures à 21 heures les 24 et 31 décembre ? » Plus de stress, moins de RTT
Du coup, FO s’inquiète. « Beaucoup de cadres font 40 ou 45 heures par semaine et le seul moyen qu’ils ont de décompresser, ce sont les jours de RTT. Si on les leur retire, on va accroître la pénibilité du travail et le stress au travail. Le cadre se retrouvera seul face à son employeur pour négocier la renonciation à son droit légitime au repos. »
Autre inquiétude à la CFDT où l’on redoute l’extension d’un tel système à « des salariés non-cadres tout en augmentant le nombre de jours de forfait ». Car l'amendement mentionne également "les salariés qui disposent d'une réelle autonomie dans l'organisation de leur emploi du temps pour l'exercice des responsabilités qui leur sont confiées". Un flou artistique qui permet de ne pas cantonner la nouvelle loi aux seuls cadres. « Dans la réalité, estime le quotidien Les Echos (09/07/08), une majorité d'entreprises fonctionne aujourd'hui avec un forfait de 210 jours, il est peu probable que les entreprises les relèvent aussi fortement que ne le craignent les syndicats... » Dernier point : un accord d’entreprise peut prévoir un plafond supérieur à 235 jours, dans la seule limite de 282 jours par an maximum. De quoi laisser une marge de manœuvre conséquente pour les dirigeants. Le texte sera examiné à la fin du mois de juillet au Sénat avant d’être définitivement adopté.
Voir la séquence vidéo du Soir 3 sur la manifestation du 23 juillet.
Pour accéder au portfolio sonore du Monde concernant la manifestation du 23 juillet. Pour lire les réponses datées du 25 juillet de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, aux différents syndicats: - Réponse à la CFE-CGC - Réponse à la CFTC - Réponse à l'Ugict-CGT Jean-Pierre Robert et Olivier James
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