Le verdict est clair : bien, mais peut mieux faire. Le premier "Baromètre de l’égalité dans l’entreprise", présenté jeudi 14 février, montre que les entreprises françaises laissent encore peu de place à la diversité dans les rangs de leurs salariés. Cette conclusion est issue de deux enquêtes distinctes.
La première, réalisée par Vigeo, agence de notation de la responsabilité sociale des entreprises, porte sur le comportement des grandes entreprises européennes à l’égard du principe d’égalité dans l’emploi. Tous secteurs et pays confondus, "le niveau global dans l’ensemble des pays et des secteurs est médiocre", considère Nicole Notat, présidente de Vigeo.
Principale lacune dans les entreprises européennes : "elles ont tendance à considérer que le seul affichage de la valeur diversité suffit à assurer la promotion de l’égalité dans l’entreprise", poursuit Nicole Notat. Une position largement insuffisante au vu des résultats de l’avancée de la diversité dans l’entreprise.
La deuxième étude, réalisée par le CSA pour la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations) et le BIT (Bureau International du Travail), auprès des salariés d’entreprises privées françaises, révèle cependant que la lutte contre les discriminations dans le monde du travail apparaît comme une nécessité pour 95% des salariés interrogés.
Un chiffre qui ne doit pas pour autant masquer une réalité encore bien éloignée de l’entreprise "vertueuse". "Un salarié sur quatre dit avoir été victime de discrimination, sur des critères qui ne concernent pas que des minorités – comme le sexe ou l’âge", indique ainsi Louis Schweitzer. Et parmi ces salariés, près de 40% d’entre eux n’intentent aucune action "car ils ne savent pas où s’adresser".