Deux points ont sans doute pesé lourd dans la décision de la Cour d'appel. Airbus avait expliqué son choix notamment par le fait que le poste « d’affûteur commande numérique » nécessitait un bac professionnel. Or, relèvent les juges, "il est établi, au contraire, au vu des listes transmises par la SAS Airbus Opération sur les embauches réalisées en CDI sur le site de Saint Eloi entre janvier 2005 et janvier 2006 que sur 22 candidats embauchés au poste d’opérateur commande numérique, 11 ont un CAP/BEP, 7 un bac professionnel, 1 un bac STI et deux un BTS…"
Deuxième constat : "Les investigations menées par la Halde ont fait apparaître que sur 288 personnes recrutées entre 2000 et 2006, toutes comme M. L. ont la nationalité française, mais deux seulement ont un patronyme d’origine maghrébine… "
La Halde explique qu’elle est intervenue 200 fois devant les tribunaux en 2009 et qu’elle a reçu la même année "10 545 réclamations, dont 28% concernent l’origine."
Soit plus d’un cas sur quatre. Des statistiques qui montrent le chemin qui reste à parcourir.