Ils sont nés au début des années 80. Ils ont grandi, télécommande dans une main, souris dans l’autre. Ces fameux "Millenials" font l’objet de toutes les attentions aujourd’hui.
Normal : ils sortent de leurs écoles et constituent actuellement les bataillons qui viennent remplacer leurs grands pères, papy boomers à l’aube de la retraite.
Or, la culture et les comportements de ces jeunes déroutent les recruteurs et dérangent les DRH.
Un malaise profond et mal vécu par nombre de professionnels des ressources humaines, qui tentent, tant bien que mal de s’adapter.
En voici un décryptage …
Constatez-vous une évolution dans les relations entre recruteurs et candidats ?
Sans aucun doute, surtout pour ce qui concerne les jeunes. Certes mon propos peut apparaître comme « ringard », mais il correspond à une réalité que constatent tous mes collègues : les jeunes candidats n’ont pas le sens de la politesse et surtout, appliquent leur culture zapping dans leur recherche d’emploi. Ils ne pensent pas à anticiper un coup d’avance, comme aux échecs.
Comment se manifeste ce comportement concrètement ?
Par exemple, ils ne répondent pas lorsqu’on leur écrit, ne préviennent pas lorsqu’ils ont accepté un autre job. Ou bien, et c’est très fréquent, ils n’ont pas gardé trace de la candidature qu’ils nous ont envoyée. Résultat, quand on les contacte, ils répondent avec une totale désinvolture : « vous savez, j’envoie tellement de candidatures »… D’une part ce type de comportement est désagréable, car on a parfois carrément l’impression de les déranger. Mais surtout, ils ne songent pas une seconde que demain, ils seront à nouveau sur le marché.
Constatez-vous ces comportements de façon majoritaire ou anecdotique ?
Je n’ai pas de statistique, mais je peux vous dire que lorsqu’un candidat téléphone pour prévenir qu’il sera en retard à un entretien, je tends une oreille particulièrement attentive. En gros, nous ne sommes pas sur la même planète. Ce qui était auparavant la norme devient aujourd’hui exceptionnel.
Quelles sont à votre sens les raisons de cette forte évolution chez les candidats ?
Elles sont nombreuses : question d’éducation, tant à la maison qu’à l’école. Et aussi, bien entendu, le comportement de nombre de recruteurs qui ne répondent pas aux candidats. C’est donc aussi à nous les recruteurs de nous adapter à ce mouvement. Sachant que dans cet univers comme partout… les imbéciles sont des deux côtés de la barrière !
Propos recueillis par Corinne Zerbib
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